Apprendre
Viser : mire projetée, tête optique, ou les deux
Vous savez ce qu'est un viseur à point rouge et vous savez l'aligner : cette page ne rejoue ni l'un ni l'autre, elle renvoie aux deux pages qui les traitent. Ce qu'elle règle, c'est la question qui vient après, celle du choix. Combien de degrés faut-il couvrir entre l'étoile que l'œil voit et le champ que l'oculaire délivre, et qui couvre quoi dans cette chaîne. Ce que la mire annulaire apporte comme règle graduée, ce que 50 mm d'objectif ajoutent en étoiles-repères, ce que la tête coudée à image redressée change à la posture et ce qu'elle coûte en repérage. Et pourquoi, sur la plupart des gros tubes, les deux organes cohabitent au lieu de se remplacer.
- 4 °
- l'anneau extérieur d'une mire à projection : la règle graduée que les atlas reproduisent autour des cibles
- 10.2 mag
- la limite calculée d'une tête 9×50 sous un ciel rural, contre 6 mag à l'œil nu — quatre magnitudes de jalons en plus
- 5.6 °
- le champ réel d'une tête coudée 9×50 à image redressée, soit dix diamètres lunaires d'un seul regard
- 6.25 mm
- la pupille de sortie d'un 8×50 : plus large que l'iris d'un observateur de cinquante ans, donc du verre payé pour rien
- 286 g
- une mire à projection de grand format, piles comprises, à porter en porte-à-faux sur la cage supérieure
Le raisonnement
La chaîne des champs, de la carte à l'oculaire
Le choix d'un organe de visée se règle par le calcul des champs, et c'est le rapport entre deux marches successives qui désigne l'accessoire réellement utile sous votre ciel.
Trois marches angulaires, jamais deux
Le rapport entre deux marches décide du geste
La règle graduée
Ce que des anneaux calibrés font qu'un point ne fait pas
Mesurer un écart au lieu de le deviner
Ce que la glace laisse passer, et ce qu'elle retient

| Format | Anneaux projetés | Gabarit et masse | Alimentation | Ce qu'il apporte sur le terrain |
|---|---|---|---|---|
| Mire à point unique | aucun | ≈ 80 mm, 100 g | pile bouton CR2032 | acquisition immédiate d'une cible visible à l'œil nu |
| Mire compacte à deux anneaux | 0,5° et 2° | 114 mm, 80 g | pile bouton CR2032, mode pulsé | l'échelle de distance sans porte-à-faux ni prise au vent |
| Mire à trois anneaux, grand format | 0,5°, 2° et 4° | 207 mm, 286 g | deux piles AA | la borne à 4° et une fenêtre large, sur un tube qui a la place |
| Aucune ligne ne correspond au filtre. | ||||
Le gain en jalons
Ce que 50 mm d'objectif montrent que l'œil ne montre pas
Deux formules qui donnent le même verdict
Quatre magnitudes de jalons en plus, dans les faits

L'arbitrage mécanique
Tête droite, tête coudée, image redressée
Le confort de posture et la facilité du pointage tirent chacun dans leur sens, et le traitement d'image livré par la tête arbitre entre les deux.
Trois orientations d'image, pas deux
Le prix du confort : chercher le tube au jugé
Avantages
- Tête coudée à prisme d'Amici : l'image tombe dans le même sens que la carte, aucune gymnastique mentale à faire dans le noir
- Tête coudée : l'œil reste à hauteur d'homme même près du zénith, et la séance dure plus longtemps parce que le dos suit
- Tête droite : la visée au canon reste possible, tube épaulé, avant même de regarder dans l'oculaire
- Tête droite : moins de verre traversé, une pièce mobile de moins, un réglage qui bouge moins au transport
Inconvénients
- Tête coudée : le prisme mange de la lumière et ajoute un joint mécanique qui peut prendre du jeu
- Tête coudée : privée de la visée au canon, elle réclame presque toujours une mire projetée en amont
- Tête droite : sur un tube pointé haut, la posture devient acrobatique et le pointage se dégrade avec la fatigue
- Tête droite : l'image demi-tournée complique la lecture d'un atlas, sauf à retourner physiquement la page
Les deux limites
Position de l'œil et condensation sur la glace
Ces deux défauts échappent aux fiches techniques et se jugent au terrain, l'un par un test de dix secondes en plein jour, l'autre dès que la température descend.
L'erreur de visée quand la tête bouge
La glace inclinée gèle avant tout le reste
Le montage
Deux organes sur un tube : où, et à quel prix mécanique
Ce que le doublement coûte vraiment
L'ordre des gestes, une fois les deux en place

-
Mesurez d'abord le champ de votre oculaire de recherche
Focale du tube divisée par celle de l'oculaire, puis champ apparent divisé par ce grossissement. Ce nombre, souvent entre 0,8° et 1,3°, fixe la précision qu'il faut exiger du reste de la chaîne.
-
Choisissez la marche du dessus selon la richesse de votre ciel
Sous un ciel qui montre des étoiles de mag 5,5, les anneaux à 2° et 4° suffisent. Sous un ciel périurbain où l'œil s'arrête à mag 4, il faut du verre : la marche intermédiaire manque, et seule une tête optique la fabrique.
-
Vérifiez la place disponible avant de commander
Un socle de grande mire réclame près de 210 mm de génératrice plane, dégagés du chemin de la main sur la mise au point. Sur un tube court de 130 mm de diamètre, le format compact de 114 mm est souvent le seul qui tienne.
-
Rééquilibrez le tube, organes montés et piles dedans
Un kilogramme ajouté haut sur la cage déplace le point d'équilibre. Sur un Dobson, reprenez la tension des tourillons ou déplacez le contrepoids ; sur une monture équatoriale, refaites l'équilibrage des deux axes avant la première visée.
-
Alignez la mire, puis la tête optique sur la mire
Le tube reste l'étalon. On règle la mire à projection sur une amorce lointaine, puis on aligne le réticule de la tête optique sur la même amorce : les trois axes deviennent parallèles et le relais d'un organe à l'autre se fait sans rattrapage.
Choisir
Ce que valent les organes de visée disponibles
Les critères posés plus haut se lisent maintenant en références et en prix, du matériel disponible en ligne jusqu'aux modèles réservés aux revendeurs spécialisés.
Du repère simple à la tête optique, cinq références
Ce qui vit hors du catalogue Amazon
Continuer
Avant la visée, après la visée
Les trois familles, présentées de zéro Ce qu'est un repère lumineux, une lunette-guide, une mire à anneaux : la page de présentation, avec le tableau de comparaison des trois familles et leurs prix d'entrée.
Aligner la mire sur l'axe du tube La procédure complète, de jour, sur une amorce terrestre lointaine : le choix de la cible, le sens des vis, l'ordre des axes et le contrôle nocturne qui verrouille le réglage.
L'oculaire qui reçoit la cible La marche du bas de la chaîne : champ apparent, focale de recherche et gamme cohérente. Le champ réel de votre oculaire décide de la précision exigée du reste.
Garder les optiques sèches jusqu'à l'aube La glace d'une mire projetée gèle la première. Dimensionner un chauffage, choisir une longueur de bande et gérer la consommation sur une nuit complète. La cible tombe dans le champ, ou la nuit se passe à chercher
Une mire qui donne l'échelle, du verre pour les champs pauvres, et une glace qui reste sèche : trois pièces peu coûteuses qui décident du nombre d'objets vus dans une soirée. Notre sélection d'organes de visée et de télescopes de ciel profond.