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Correcteur de champ astrophoto : diagnostiquer avant de visser

La pose de 300 secondes s'affiche, le centre est superbe, et les quatre coins portent des étoiles étirées. Quatre causes différentes produisent cette image, et chacune appelle un geste distinct : une surface focale bombée, un capteur de travers, un tirage mal additionné, ou la coma d'un miroir parabolique. Acheter un correcteur avant d'avoir identifié laquelle est à l'œuvre revient à jouer une chance sur quatre. Ce guide donne la méthode inverse : lire la symétrie du défaut, mesurer la largeur à mi-hauteur et l'excentricité quadrant par quadrant, comparer la flèche du champ à la profondeur de foyer de votre rapport d'ouverture, puis corriger dans l'ordre qui rend chaque étape mesurable.

452 µm
la défocalisation au coin d'un APS-C derrière une lunette de 80 mm à f/7,5, contre 151 µm de profondeur de foyer
0.42
l'excentricité au-delà de laquelle une étoile cesse d'être perçue comme ronde sur une mesure par quadrant
20 %
l'écart de largeur à mi-hauteur entre le meilleur et le pire coin qui signe un basculement du capteur à corriger
0.5 mm
la tolérance courante sur le tirage d'un aplanisseur, cale de réglage la plus fine du commerce
4
les causes à départager avant tout achat : courbure, tilt, tirage, coma

Le symptôme

Un centre net, des coins malades : quatre auteurs possibles

L'allure des étoiles de coin et leur répartition dans le champ nomment le coupable, et ce nom commande le geste : du verre, des bagues ou trois vis.

La symétrie est le premier indice, avant toute mesure

Ouvrez une brute unique en pleine résolution, jamais un empilement — l'alignement d'un empilement moyenne les défauts de bord et gomme précisément ce que vous cherchez. Regardez ensuite les quatre angles ensemble, en vous posant une seule question : le défaut est-il identique dans les quatre, ou plus marqué d'un côté ? Cette question sépare le problème en deux familles étanches. Un défaut symétrique naît de l'optique ou de la distance entre le dernier verre et la puce : surface focale bombée, tirage mal additionné, coma d'un miroir. Un défaut asymétrique naît de la mécanique : la puce n'est pas perpendiculaire à l'axe, ou un porte-oculaire fléchit sous les 700 g de la caméra. Le geste qui répare n'est pas le même : le premier cas se traite avec du verre ou des bagues, le second avec trois vis. Confondre les deux, c'est visser un aplanisseur à 175,73 € sur un défaut que trois quarts de tour auraient effacé.

Le portrait-robot de chaque défaut

Quatre allures, quatre coupables. La courbure de champ gonfle les étoiles des angles sans les déformer : elles restent rondes, simplement grosses, parce qu'elles sont hors du foyer — le plan de netteté passe devant ou derrière la puce à cet endroit du champ. Le tirage faux les étire, dans les quatre coins de la même manière : selon le rayon issu du centre quand la distance manque, en petits arcs perpendiculaires à ce rayon quand elle est excessive. Le basculement du capteur installe un gradient : un angle presque parfait, l'angle diagonalement opposé le plus atteint, les deux autres intermédiaires. La coma, réservée aux miroirs paraboliques, dessine des comètes dont la queue fuit le centre du champ ; son mécanisme et son remède ont leur guide dédié. Sur un réfracteur, elle est hors sujet — chercher de la coma dans une lunette, c'est se tromper d'affaire.

Lire la planche avant de toucher au matériel

Gardez cette planche sous les yeux pendant l'examen. Les deux vignettes du haut sont symétriques : elles se distinguent par la forme — disques élargis d'un côté, traits orientés de l'autre. Les deux du bas se distinguent par la répartition : le gradient d'un coin à l'autre pour le basculement, la parfaite symétrie des comètes pour la coma. Un cas fréquent complique la lecture : la courbure et le tilt se superposent souvent sur le même train optique, et le second déguise le premier. La parade tient en un ordre de travail — on redresse la mécanique d'abord, on juge l'optique ensuite, parce qu'un défaut symétrique se mesure mal sur un plan de travers.
Planche de quatre vignettes montrant l'aspect des étoiles dans les coins d'une image selon le défaut : courbure de champ, tirage faux, basculement du capteur et coma
Les quatre signatures au coin du champ — planche astronoguide

La géométrie

Combien de microns manque-t-il vraiment au coin ?

Deux nombres à comparer, et le verdict tombe

La surface où l'instrument forme des points est une calotte, pas un plan. Son rayon se mesure en millimètres et dépend de la formule optique : environ 220 mm pour une lunette à verre spécial de 80 mm ouverte à f/7,5, 190 mm pour un doublet de 102 mm à f/5, 1 200 mm pour un miroir de 203 mm à f/6. L'écart entre cette calotte et la puce plane, au bord du champ, porte un nom de charpentier : la flèche. Elle se calcule d'une ligne, et le second nombre à lui opposer est la tolérance de mise au point de votre rapport d'ouverture. Si la flèche loge dans cette tolérance, votre instrument n'a besoin d'aucun verre supplémentaire, quoi qu'en dise la boutique. Si elle la dépasse d'un facteur 3, aucune molette ne rattrapera les angles : il faudra un aplanisseur.
Schéma en coupe : surface focale bombée d'une lunette de 80 mm à f/7,5 face au plan du capteur, avec la flèche de 452 µm au coin et la bande de profondeur de foyer de 151 µm
Flèche de la surface focale contre profondeur de foyer — schéma astronoguide

Le rapport d'ouverture décide autant que la courbure

La profondeur de foyer varie comme le carré du rapport d'ouverture, et cette dépendance renverse des intuitions. Un doublet de 102 mm à f/10 a une calotte serrée — rayon 375 mm, flèche de 265 µm au coin d'un APS-C — mais sa tolérance atteint 268 µm : le bord reste exploitable sans le moindre verre correcteur. Le même diamètre ramené à f/5 conserve une flèche de 523 µm pour une tolérance tombée à 67 µm : le champ sort de sa marge d'un facteur 8. Voilà pourquoi les instruments rapides et courts réclament un aplanisseur que les longues focales lentes ignorent, et pourquoi une même formule optique se juge différemment selon la puce qu'on lui accroche. Passez de l'APS-C au 24 × 36, la demi-diagonale monte à 21,6 mm et la flèche est multipliée par 2,3 — un train qui tenait devient hors tolérance sans qu'aucune pièce ait bougé.

Le tableau qui dit si votre tube a besoin de verre

Le calcul se mène pour n'importe quel attelage en trente secondes. Les valeurs de rayon ci-dessous sont celles publiées par les opticiens pour des formules courantes ; la flèche et la tolérance sont calculées ici pour une puce APS-C de 28,2 mm de diagonale, avec λ = 0,55 µm. La dernière colonne est le seul chiffre qui compte : un rapport inférieur à 1 signifie que le coin reste dans la marge de mise au point, donc que l'aplanisseur ne vous apportera rien de visible. Au-delà de 2, le verre correcteur devient la dépense la plus rentable du train optique. Entre les deux, l'affaire se joue sur la puce : un capteur de 4/3 pouce (22,5 mm de diagonale) ramène la flèche à 64 % de la valeur du tableau.
Flèche au coin d'un APS-C contre profondeur de foyer, par formule optique (calcul astronoguide, r = 14,1 mm, λ = 0,55 µm)
Instrument Rayon de la surface focale Flèche au coin Profondeur de foyer Rapport
Doublet 102 mm f/5 190 mm 523 µm 67 µm 7,8
Doublet 102 mm f/10 375 mm 265 µm 268 µm 1,0
Lunette ED 80 mm f/7,5 220 mm 452 µm 151 µm 3,0
Newton 203 mm f/4 800 mm 124 µm 43 µm 2,9
Newton 203 mm f/6 1 200 mm 83 µm 97 µm 0,9
Schmidt-Cassegrain 203 mm f/10 200 mm 497 µm 268 µm 1,9
Ritchey-Chrétien 318 mm f/9 360 mm 276 µm 217 µm 1,3

La mesure

Quadrant par quadrant, des nombres à la place d'un avis

La carte du champ se construit sur des mesures répétées zone par zone, avec des précautions d'échantillonnage qui décident de sa fiabilité, au moyen de logiciels gratuits.

Deux grandeurs suffisent : largeur à mi-hauteur et excentricité

L'œil surestime le défaut du coin où il a commencé à regarder. Les deux grandeurs qui tranchent se calculent sur des dizaines d'étoiles par zone. La largeur à mi-hauteur décrit la grosseur du disque, en pixels ou en secondes d'arc — c'est elle qui gonfle quand le plan de netteté s'éloigne. L'excentricité décrit l'écart à la rondeur sur une échelle de 0 à 1 : au-delà de 0,42, l'étirement devient perceptible à l'œil sur l'image finale. Une image saine affiche une largeur homogène et des valeurs d'excentricité basses partout ; un train malade fait diverger l'une, l'autre, ou les deux, et la carte de ces valeurs sur la surface de la puce raconte l'histoire mieux qu'un long examen visuel. Un écart de 20 à 30 % entre le meilleur et le pire angle se voit dans les images réelles ; au-delà, le réglage mécanique est rentable à coup sûr.

L'hygiène statistique d'une carte fiable

Une carte se lit comme un échantillon, avec les précautions qui vont avec. Prenez la médiane plutôt que la moyenne dans chaque zone : une seule étoile brillante saturée, dont le sommet est écrêté, suffit à tirer une moyenne vers le haut et à inventer un coin malade. Écartez d'office les astres dont le pic dépasse 80 % de la dynamique, ainsi que ceux qui touchent la bordure — leur profil est amputé. Visez au moins une trentaine de mesures par zone : en dessous, la dispersion d'une nuit ordinaire dépasse l'effet que vous cherchez à chiffrer. Et comparez toujours des zones de même surface, ce que fait automatiquement un découpage en neuf pavés égaux. Ces précautions ne sont pas de la coquetterie : elles séparent un écart réel de 25 % entre deux angles d'un artefact d'échantillonnage qui vous ferait tourner des vis pour rien.

Les outils gratuits qui produisent la carte

Trois logiciels libres ou gratuits suffisent, et aucun n'exige d'abonnement. ASTAP découpe l'image en neuf zones, prend la médiane du diamètre à demi-flux dans chacune et affiche un pourcentage de basculement accompagné d'un trapèze : la figure se déforme du côté du coin le plus mou. Son auteur propose deux modes de lecture, un triangle qui correspond aux trois vis d'un correcteur de basculement et un octogone plus sensible — on règle sur le triangle, on vérifie sur l'octogone. N.I.N.A., avec son module d'inspection des aberrations, va plus loin : il enchaîne une mise au point automatique sur cinq régions d'une grille de neuf, en déduit l'écart de position du porte-oculaire entre les quatre coins, et convertit directement ce décalage en tour de vis. Siril et l'outil de fonction d'étalement du point de PixInsight donnent quant à eux les tableaux de largeur à mi-hauteur bruts, à ventiler soi-même par zone. Ces logiciels vivent hors du circuit des boutiques : le seul achat que le diagnostic impose est éventuellement le verre qui viendra après.
Interpréter un pourcentage de basculement mesuré sur la médiane des coins
Écart entre le meilleur et le pire coin Ce que cela signifie Geste à faire
≤ 5 % Train aligné, mesure dans le bruit du seeing Ne touchez à rien, imagez
5 à 10 % Résidu acceptable sur la plupart des capteurs Reprenez seulement si vous visez le grand champ
10 à 20 % Basculement réel, visible sur une pose isolée Réglez les vis, un huitième de tour à la fois
> 20 % Défaut mécanique franc ou porte-oculaire qui fléchit Cherchez la cause avant de compenser aux vis

Le tri

Départager le tirage du basculement, puis les traiter séparément

Une erreur de distance se lit dans la géométrie même de l'étirement, et le tirage s'établit sur le papier, élément par élément, avant le moindre essai au ciel.

La règle de symétrie, et le sens de l'étirement

Quand l'étirement se répartit également dans les quatre angles, la distance entre le dernier verre et la surface sensible est en cause, pas la mécanique. L'orientation des traits donne ensuite le signe de l'erreur : un allongement dirigé selon le rayon issu du centre indique qu'il manque de la distance, un allongement perpendiculaire à ce rayon indique qu'il y en a trop. Cette convention se lit dans les mêmes termes chez les fabricants d'aplanisseurs et sur les forums d'imageurs, mais elle s'inverse selon la formule du correcteur — raison pour laquelle le protocole ci-dessous ne lui fait pas confiance et la vérifie par l'expérience. Quand l'étirement est asymétrique, en revanche, aucune bague ne le corrigera : la puce n'est pas perpendiculaire à l'axe optique, et seule une action mécanique la redressera.

Additionner le train, au dixième de millimètre

Le tirage se calcule avant de se mesurer. On additionne chaque élément entre la face arrière du correcteur et la surface sensible : bague de raccordement, tiroir à filtres, diviseur optique, épaisseur du nez de la caméra, et la cote interne de la caméra elle-même, indiquée par le constructeur. Deux subtilités font rater ce calcul aux trois quarts des débutants en la matière. La première : un filtre placé dans le trajet recule le foyer d'environ le tiers de son épaisseur — 0,7 mm pour un verre de 2 mm, qu'il faut retrancher de la longueur mécanique. La seconde : la cote de 55 mm est une convention très répandue, jamais une loi. Un aplanisseur dédié peut demander 56,2 mm ou 85 mm, et cette cote-là prime toujours sur l'habitude. La tolérance courante s'établit à ± 0,5 mm ; sur les compresseurs à fort coefficient, elle se resserre encore, ce qui explique que les jeux de cales du commerce descendent à 0,3 mm et 0,1 mm.

Avantages

  • Défaut symétrique : la cause est optique ou dimensionnelle, elle se corrige avec des bagues, des cales ou un verre correcteur
  • Défaut symétrique : le remède est reproductible et se calcule sur le papier avant d'être vérifié au ciel
  • Défaut asymétrique : trois vis suffisent souvent, sans rien acheter, et le gain se voit dès la pose suivante
  • Défaut asymétrique : la mesure du pourcentage de basculement donne un objectif chiffré à atteindre

Inconvénients

  • Défaut symétrique : une erreur de tirage de 1 mm imite une courbure résiduelle, d'où l'obligation de trancher par le test de trois distances
  • Défaut symétrique : un aplanisseur monté à la mauvaise cote dégrade les coins plus qu'il ne les corrige
  • Défaut asymétrique : un porte-oculaire qui fléchit change de basculement selon l'orientation du tube, et ruine tout réglage figé
  • Défaut asymétrique : compenser aux vis un capteur mal serré revient à cacher la cause, qui reviendra au prochain transport

Le protocole

Corriger dans l'ordre, une variable à la fois

  1. Éliminez les fautes gratuites

    Mise au point fraîche à l'aide d'un masque de diffraction, miroir aligné s'il s'agit d'un Newton, vis du porte-oculaire serrées, caméra en butée dans son raccord. Un tube décollimaté imite la coma et fausse tout ce qui suit.

  2. Photographiez un champ dense au zénith

    Trois poses de 30 s, gain modéré, cible haute pour limiter la turbulence et l'étalement atmosphérique. Conservez ces brutes : elles serviront de référence avant/après à chaque étape.

  3. Mesurez et notez la carte de départ

    Largeur à mi-hauteur médiane des quatre coins et du centre, excentricité de chaque coin, pourcentage de basculement. Ces cinq nombres écrits sur une ligne valent tous les souvenirs de la nuit précédente.

  4. Redressez la mécanique si l'écart dépasse 10 %

    Un huitième de tour sur la vis du coin le plus mou, une nouvelle pose, une nouvelle mesure. Le défaut doit basculer vers le coin opposé quand vous dépassez la cote : c'est le signe que vous encadrez le bon réglage.

  5. Fixez le tirage par le test des trois distances

    Une fois le plan redressé, l'erreur restante est dimensionnelle. Le minimum de largeur à mi-hauteur au coin donne la cote juste, à ± 0,5 mm près, cales de 0,5 mm et 0,3 mm à l'appui.

  6. Ce qui reste après ces quatre étapes est de la vraie courbure

    Des étoiles rondes mais grosses aux angles, sur un plan aligné et à la bonne cote, désignent la calotte de la surface focale. C'est à ce moment seulement que l'achat d'un aplanisseur se décide, et le tableau de la flèche dit lequel.

Une seule variable par nuit, sinon rien n'est démontré

Changer la cote et tourner une vis dans la même session laisse un résultat sans cause. Le protocole est lent par construction : il gagne une variable par série, et chaque série tient en vingt minutes une fois la routine acquise. Deux nuits de mesure suffisent à figer un train optique pour la saison entière — à condition de noter les cotes retenues et le sens des vis dans un carnet, parce qu'un démontage de transport les efface. Ceux qui travaillent sur banc, en journée, remplacent le champ d'étoiles par une source ponctuelle artificielle placée à plusieurs dizaines de mètres ; la méthode de lecture reste identique, seule la cible change.

L'achat

Le verre qui répond au défaut que vous avez mesuré

Trois familles, un seul critère de choix : votre mesure

Le rapport calculé plus haut désigne la pièce. Rapport supérieur à 2 avec des étoiles rondes et grosses aux angles, sur une lunette : c'est un aplanisseur, à coefficient voisin de , qui remet la calotte à plat sans toucher au cadrage — le Svbony SV209 0,8× à 175,73 € et le Svbony SV193 0,8× au coulant 50,8 mm à 137,99 € cumulent l'aplanissement et une réduction modérée de la focale. Sur un Schmidt-Cassegrain de 2 000 mm, où la flèche atteint 497 µm pour 268 µm de tolérance, le réducteur-correcteur Celestron 0,63× à 158,00 € traite la courbure et l'échelle d'un seul verre. Sur un miroir parabolique, la coma prime : le Baader MPCC Mark III à 195,00 € vise ce défaut-là. Et pour une caméra à petite puce derrière une longue focale, le réducteur 0,5× au coulant 31,75 mm à 44,48 € ouvre le champ sans prétendre aplanir un 24 × 36. Prix relevés fin juillet 2026.
Lunette apochromatique Takahashi TSA-102S sur monture équatoriale allemande, porte-oculaire à crémaillère en bout de tube
Lunette apochromatique TSA-102S sur monture équatoriale — Marie-Lan Nguyen (CC BY 3.0, Wikimedia Commons)

La cote annoncée par le fabricant prime sur le catalogue générique

Un correcteur est calculé pour une formule optique et pour une distance ; hors de cette distance, il rend des angles pires que le tube nu. Un aplanisseur générique vissé sur un triplet rapide qui n'était pas prévu pour lui en donne la démonstration en une pose. Avant l'achat, deux vérifications suffisent : la plage de rapport d'ouverture annoncée, et le diamètre du cercle corrigé, à comparer à la diagonale de votre puce : elle vaut 43,3 mm en diagonale si votre format est le 24 × 36, un peu plus de 28 mm en APS-C, et 22,5 mm au format 4/3 pouce. Un verre corrigé sur 27 mm vissera parfaitement devant un plein format et lui laissera des angles dégradés, invisibles tant qu'on recadre au centre. L'appariement fin d'un compresseur à une puce donnée fait l'objet d'un guide séparé ; ici, le critère est celui du diagnostic — on achète la pièce qui traite le défaut mesuré, à la cote du fabricant, et rien d'autre. Un train déjà propre n'a rien à gagner à un verre de plus : chaque surface ajoutée coûte des reflets et un peu de vignetage.

Ce que le correcteur change à vos autres réglages

Le verre correcteur modifie parfois la focale, et l'échantillonnage suit. Un coefficient de 0,8× sur une lunette de 600 mm équipée de pixels de 3,76 µm fait passer la focale à 480 mm et l'échelle de 1,29″/px à 1,62″/px : encore dans la fourchette utile sous un seeing de 2,5″, mais l'exercice se refait à chaque changement de puce, et le guide de l'échantillonnage détaille ce calcul. Le rapport d'ouverture suit le même coefficient : f/7,5 devient f/6, et la profondeur de foyer se resserre de 151 µm à 97 µm — la mise au point devient donc plus pointue APRÈS l'installation du correcteur, ce que beaucoup découvrent en accusant le verre neuf d'un flou qui n'est qu'une molette à reprendre. Enfin, la cote de tirage change : le train doit être recalculé entièrement, jamais rallongé au jugé.

Une soirée de diagnostic, chiffre après chiffre

Voici l'enchaînement complet sur un attelage courant : lunette à verre spécial de 80 mm à f/7,5, soit 600 mm de focale, puce APS-C de 28,2 mm de diagonale, aplanisseur donné pour 55 mm de tirage. Mesure de départ sur trois poses de 30 s près de NGC 7000 : largeur à mi-hauteur de 3,1 px au centre, 6,8 px au coin supérieur gauche, 4,4 px au coin inférieur droit, excentricité de 0,61 dans le pire angle. L'écart entre coins atteint 35 % — un basculement domine, on ne juge donc rien d'autre. Un huitième de tour sur la vis correspondante ramène l'écart à 12 %, un second à 6 %. La carte redevient symétrique, et les quatre coins affichent désormais 5,2 px : le défaut restant est commun, donc dimensionnel ou optique. Le test des trois distances donne un minimum à 56 mm et non à 55 : une cale de 0,5 mm plus une de 0,3 mm, et les coins descendent à 3,9 px pour une excentricité de 0,28. Le résidu se voit encore à la loupe, il ne se voit plus sur l'image finale — et aucun achat n'a été nécessaire.

Un défaut nommé en 1840, dans un atelier viennois

Le nom qui colle à cette calotte vient d'un mathématicien de Vienne, Joseph Maximilian Petzval, né en 1807 et mort en 1891. Chargé de la chaire de mathématiques de son université à partir de 1837, il calcule en 1840, avec l'opticien Voigtländer, le premier objectif de portrait entièrement dérivé du calcul : 160 mm de focale, une ouverture qui collectait environ 22 fois plus de lumière que l'objectif du daguerréotype de 1839, et des poses ramenées sous la minute. Sa somme, celle qui porte son nom, dit qu'un empilement de verres conserve une courbure résiduelle tant qu'on n'introduit pas une lentille de signe opposé près du plan image — exactement le rôle du verre qu'on visse aujourd'hui devant une caméra refroidie. Les amateurs de photographie argentique connaissent l'autre face de cet héritage : le tourbillon caractéristique des arrière-plans d'un objectif de portrait ancien est le même défaut, laissé volontairement en place pour son effet.

Pourquoi la calotte existe, en une phrase de géométrie

Le schéma montre l'origine du phénomène : les faisceaux qui arrivent inclinés convergent plus près de la lentille que ceux qui suivent l'axe. Le lieu de leurs foyers dessine une surface bombée, tournée vers l'objectif, dont le rayon dépend des courbures et des indices des verres empilés — un opticien la calcule dès la conception, bien avant qu'un capteur ne vienne s'y poser. Les formules à quatre lentilles la corrigent en interne, ce qui leur vaut leur réputation de champ plat d'origine ; les doublets et triplets classiques, eux, la laissent au photographe.
Schéma optique montrant un faisceau incliné traversant une lentille et venant se focaliser sur une surface courbe en pointillés, en avant du plan focal paraxial
Formation d'une surface focale courbe derrière une lentille simple — BenFrantzDale (CC BY-SA 3.0, Wikimedia Commons)
L'avis de Luc

L'avis de Luc

Mesurer au lieu de regarder aurait économisé trois nuits : les angles partaient en biais sur une lunette de 80 mm, et le coupable n'était ni l'optique, ni la bague, ni la formule du tube — mais un raccord de caméra serré à la main sur un filetage encrassé, qui laissait la puce s'incliner sous son propre poids. La routine qui ferme le sujet prend vingt minutes en début de saison, sur un champ dense vers minuit : trois poses de 30 s, la carte des coins, les vis, puis le test des cales à 55, 56 et 57 mm. Sur ce train, la largeur à mi-hauteur des coins tient à 12 % de celle du centre, et rien ne bouge jusqu'au démontage suivant.

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Les autres défauts du bord de champ

Les quatre signatures d'un défaut de bord de champ La coma d'un miroir parabolique Le défaut qui dessine des comètes sur un Newton rapide : d'où il vient, à partir de quel rapport d'ouverture il devient gênant, et quel correcteur le neutralise. Schéma de la flèche du champ contre la profondeur de foyer Ce qu'un compresseur change à l'image Focale, cadrage, rapport d'ouverture et échelle d'image : ce que le coefficient modifie réellement, et la légende du gain de lumière remise à sa place. Deux capteurs CMOS de tailles très différentes posés côte à côte Accorder ses pixels au ciel La formule qui relie taille de pixel et focale, la fourchette utile en secondes d'arc par pixel, et l'effet d'un correcteur sur ce réglage. Œilleton de collimation Cheshire : un tube métallique à fenêtre latérale et face inclinée blanche, accompagné de deux vues de détail Aligner le miroir avant de juger le champ Un tube parabolique décollimaté produit un défaut qui ressemble à la coma. La procédure complète, du chercheur de collimation au contrôle sur une étoile.

Un champ propre commence par un train optique cohérent

Tube, correcteur et caméra se choisissent ensemble : le cercle corrigé, la cote de tirage et la diagonale de la puce forment un seul jeu de contraintes. Nos tubes, correcteurs et caméras d'astrophoto, rangés par usage et par budget.

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