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Le ciel de l'hiver
Le froid a du bon : c'est en hiver que la voûte est la plus limpide et la plus spectaculaire. Face au sud se dresse Orion, le chasseur, la figure la plus facile à reconnaître de toute l'année, avec ses trois étoiles de ceinture parfaitement alignées. Autour de lui, six soleils de première grandeur cernent un immense polygone, l'Hexagone d'hiver, et l'un d'eux, Sirius, est tout simplement l'astre le plus éclatant du ciel nocturne. Entre ces phares se cachent la plus belle pouponnière d'étoiles à portée de jumelles, deux amas d'étoiles bleutés que l'œil nu accroche seul, et un chapelet d'essaims stellaires. Voici la feuille de route de vos soirées de décembre à mars : ce qui se voit à l'œil nu, aux jumelles et au télescope, avec l'éclat et l'ouverture qu'il faut viser cible par cible.
- 6
- soleils de première grandeur cernent l'Hexagone d'hiver, le plus vaste polygone brillant de toute l'année, centré sur Bételgeuse
- 3
- étoiles rigoureusement alignées forment le Baudrier d'Orion — Alnitak, Alnilam, Mintaka — la boussole de la saison
- 1350
- années-lumière nous séparent de M42, la Grande Nébuleuse d'Orion, la nurserie stellaire la plus proche du Soleil
- 444
- années-lumière : la distance des Pléiades (M45), ce petit essaim bleuté que tant de gens prennent pour la Petite Ourse
- 8 ,6 al
- à peine : Sirius, l'étoile la plus brillante du ciel nocturne, est presque notre voisine de palier
Le cadre de la saison
L'Hexagone d'hiver, six phares pour se repérer
Un anneau de six soleils autour de Bételgeuse
Le Triangle d'hiver, plus rapide à tracer


| Étoile | Constellation | Magnitude | Distance |
|---|---|---|---|
| Sirius (α Canis Majoris) | Grand Chien | −1,46 | 8,6 al |
| Capella (α Aurigae) | Cocher | 0,08 | 43 al |
| Rigel (β Orionis) | Orion | 0,13 | ≈ 860 al |
| Procyon (α Canis Minoris) | Petit Chien | 0,34 | 11,5 al |
| Aldébaran (α Tauri) | Taureau | 0,85 | 65 al |
| Pollux (β Geminorum) | Gémeaux | 1,14 | 34 al |
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Le centre du tableau
Orion et son cortège, la constellation reine de l'hiver
Le Baudrier, deux couleurs d'étoiles et une épée
M42, la Grande Nébuleuse, à portée d'œil nu

La moisson d'étoiles
Les amas phares, des Pléiades aux Gémeaux
M45, les Pléiades, le bijou de la saison
Les Hyades, le V couché du Taureau
M35, l'amas ouvert des Gémeaux

| Objet | Type | Magnitude | À partir de |
|---|---|---|---|
| M42 — Grande Nébuleuse d'Orion | Nébuleuse diffuse | 3,7 | œil nu ; superbe dès 60 mm |
| M45 — Pléiades | Amas ouvert | 1,6 | œil nu ; jumelles idéales |
| Hyades | Amas ouvert | 0,5 | œil nu et jumelles |
| M35 — Gémeaux | Amas ouvert | 5,3 | jumelles ; 100 mm avec NGC 2158 |
| Double Amas (NGC 869/884) | Amas ouverts | 5,3 / 6,1 | œil nu ; splendide aux jumelles |
| Trapèze (θ¹ Orionis) | Amas d'étoiles jeunes | 5,0 | 60 mm ; séparé dès 100× |
| Sirius (α Canis Majoris) | Étoile double | −1,46 | œil nu ; Sirius B, 200 mm expert |
| Bételgeuse (α Orionis) | Supergéante rouge variable | ≈ 0,5 | œil nu |
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Le Double Amas de Persée, deux essaims jumeaux
Un ciel dense, du Cocher au Grand Chien
Trois cibles à ne pas manquer
M35 le grenu, le Double Amas, Sirius l'étincelle
M35, une pleine Lune d'étoiles

Le Double Amas, à balayer aux jumelles

Sirius, l'étoile qui joue avec les couleurs

Le calendrier
Se repérer de décembre à mars
Chaque soir, les astres se lèvent quatre minutes plus tôt : d'un mois sur l'autre, Orion gagne deux heures d'avance. Voici comment la scène se met en place au fil de l'hiver.
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Décembre — Orion monte à l'est
En début de soirée, Orion se hisse à l'est, encore couché sur le flanc. Attendez qu'il grimpe vers 22 heures pour attaquer M42, dans l'Épée bien redressée. Les Pléiades, elles, sont déjà hautes — commencez par elles aux jumelles.
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Janvier — le cœur de la saison, plein sud
Le meilleur mois. Vers 22 heures, Orion culmine au sud et l'Hexagone déploie ses six phares d'un horizon à l'autre. C'est la fenêtre pour la Grande Nébuleuse, le Trapèze et la tournée des amas, du Cocher aux Gémeaux.
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Février — Sirius au plus haut, le Grand Chien dégagé
Sirius atteint sa hauteur maximale plein sud en soirée : profitez-en pour l'amas M41, juste dessous. Orion bascule vers l'ouest en fin de nuit, mais reste confortable toute la première partie de soirée.
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Mars — dernier tour avant le printemps
Orion s'incline vers l'ouest dès la nuit tombée : cueillez M42 tôt, avant qu'elle ne descende dans la brume de l'horizon. Les Gémeaux et le Cocher, plus hauts, gardent leurs amas accessibles tard dans la soirée.
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Explorer le ciel d'hiver en détail
M42, la Grande Nébuleuse d'Orion Une nurserie d'étoiles à 1 350 années-lumière, visible à l'œil nu dans l'Épée : ce que chaque diamètre révèle, du flou laiteux au Trapèze séparé.
M45, les Pléiades Le petit essaim bleuté du Taureau, 3 000 étoiles à 444 années-lumière : comment le repérer et pourquoi les jumelles le servent mieux qu'un télescope.
M35, l'amas des Gémeaux Une pleine Lune d'étoiles aux pieds des Gémeaux et son voisin lointain NGC 2158 : le contraste d'échelle qui fait tout l'intérêt du champ.
Le Double Amas de Persée NGC 869 et NGC 884, deux essaims jumeaux de 12 millions d'années dans la Voie lactée d'hiver : la cible reine des jumelles à grand champ.
Se repérer dans le ciel Le Baudrier d'Orion comme boussole, l'Hexagone comme cadre : la méthode pour sauter d'une étoile-guide à la suivante et retrouver chaque cible. Quelles jumelles ou quel télescope pour le ciel d'hiver ?
Les Pléiades, les Hyades et le Double Amas se cueillent aux jumelles 10×50, tandis qu'un télescope de 100 à 150 mm ouvre M42, le Trapèze et les amas des Gémeaux. Nos choix par usage et par budget.