Apprendre
Roues à filtres et diviseur optique
Le jour où l'on passe au monochrome, l'arrière du tube cesse d'être une caméra vissée sur une bague : il devient une colonne de trois boîtiers dont chaque millimètre est compté. La roue porte les filtres, le diviseur optique prélève une étoile pour le guidage, la caméra ferme la marche — et l'addition doit tomber sur le tirage exact que réclame le correcteur. Ce guide pose cette addition, tranche l'ordre des pièces, calcule le format de filtre qu'impose la diagonale du capteur, et chiffre le décalage de foyer que chaque épaisseur de verre introduit. Vous en sortirez avec une table d'offsets calculée, une méthode de placement du prisme, et de quoi commander les bonnes pièces du premier coup.
- 55 mm
- le tirage que réclament la plupart des correcteurs et aplatisseurs, mesuré de la bride du télescope au capteur
- 8
- positions sur les roues les plus fournies : quatre filtres larges, trois raies étroites, une place pour le passe-infrarouge
- 36 mm
- le diamètre de filtre non monté qu'exige un capteur APS-C, dont la diagonale mesure 28,3 mm
- 12 × 12 mm
- le prisme des diviseurs taillés pour le plein format, pour 11,7 × 8,3 mm d'ouverture réellement utile
- 0.34 mm
- le saut de foyer entre une lame de 2 mm et une lame de 3 mm : le double de la marge de netteté à f/8
La colonne arrière
Trois boîtiers, un seul millimètre d'erreur toléré
Le sens de l'empilement décide de la lumière qui parvient au guidage, et sa rigidité de ce que la nuit conserve entre deux poses.
L'ordre des pièces n'est pas négociable
Le tirage : une addition qui doit tomber juste
La roue
Combien de crans, et de quel diamètre
Cinq, sept ou huit positions : ce que chaque cran coûte

Le format se déduit de la diagonale du capteur, pas du prix
| Format du filtre | Ouverture utile | Capteur couvert sans rognage | Ce qu'il faut en attendre |
|---|---|---|---|
| Monté au coulant 31,75 mm | 24 à 27 mm | capteurs 1 pouce et en dessous (16 × 16 mm) | huit crans possibles, prix contenu — mais les coins d'un APS-C sont rognés net |
| Non monté, 36 mm | ≈ 36 mm | APS-C (23,5 × 15,7 mm, diagonale 28,3 mm) | le point d'équilibre : huit crans, couverture franche, coût raisonnable |
| Monté au coulant 50,8 mm | ≈ 46 mm | plein format (36 × 24 mm, diagonale 43,3 mm) | cinq crans au maximum, et la facture double à chaque raie ajoutée |
| Aucune ligne ne correspond au filtre. | |||
Le prisme
Prélever l'étoile avant qu'elle traverse le filtre
La place du prélèvement fixe la brillance de l'étoile de guidage, et avec elle la stabilité de la correction d'un bout à l'autre de la nuit.
Ce que la position du prisme change vraiment
Placer le prisme : la géométrie commande, pas l'habitude
Avantages
- Diviseur optique : le prélèvement se fait dans le tube principal, donc aucune flexion différentielle possible entre l'axe de guidage et l'axe d'imagerie
- Diviseur optique : rien à porter en plus, rien à équilibrer, aucune prise au vent ajoutée sur un tube déjà long
- Lunette-guide : un champ dix fois plus vaste, une étoile trouvée en trois secondes n'importe où dans le ciel
- Lunette-guide : mise au point faite une fois pour toutes, indépendante du train d'imagerie qu'on démonte et remonte
Inconvénients
- Diviseur optique : le champ de guidage se compte en minutes d'arc, et certaines régions pauvres imposent de faire tourner tout l'ensemble
- Diviseur optique : chaque démontage du train remet en jeu la parfocalité de la caméra de guidage
- Lunette-guide : les anneaux, les vis et le porte-oculaire forment autant d'articulations qui dérivent au fil de la nuit
- Lunette-guide : à focale longue, la dérive du cadre échappe à la boucle et ne se voit que sur les brutes, jamais dans le logiciel
La parfocalité
Chaque lame de verre déplace le foyer
Le décalage se calcule, se compare à la marge de netteté du montage, puis se mesure une fois pour être rejoué à chaque rotation.
La formule du décalage, et pourquoi elle mord
Mesurer ses offsets une fois, les rejouer toute l'année
| Filtre en position | Épaisseur | Décalage du foyer | Offset à saisir |
|---|---|---|---|
| Luminance (référence) | 2,00 mm | 0,00 mm | 0 pas |
| Rouge, vert, bleu de la même série | 2,00 mm | 0,00 mm | 0 pas |
| Trio de raies étroites d'une autre marque | 3,00 mm | +0,34 mm | +171 pas |
| Passe-infrarouge 685 nm | 1,85 mm | −0,05 mm | −26 pas |
| Position libre, verre neutre de compensation | 2,00 mm | 0,00 mm | 0 pas |
| Aucune ligne ne correspond au filtre. | |||
Le montage
L'ordre des gestes, du carton au premier cliché
-
Posez l'addition du tirage sur le papier
Cote du correcteur, épaisseur de la caméra jusqu'à son plan sensible, épaisseur de la roue, épaisseur du diviseur. La somme des bagues manquantes se commande en une fois, avec un jeu de 0,5 et 1 mm en réserve.
-
Vissez la colonne dans le bon sens, de jour
Diviseur côté télescope, roue au milieu, caméra en bout. Serrez chaque filetage à la main jusqu'en butée franche, sans forcer : un boîtier à demi engagé fausse le tirage de plusieurs dixièmes et personne ne le verra la nuit.
-
Chargez les filtres en notant leur cran
Manipulez le verre par la tranche, gants de coton, la face traitée vers le télescope selon la marque au bord. Écrivez l'ordre des crans sur une étiquette collée au dos de la roue : dans le noir, la mémoire invente.
-
Réglez le prisme sur un champ dense
Enfoncez le prisme jusqu'à voir des étoiles sur la caméra de guidage, puis remontez-le d'un cheveu et tirez un flat : dès qu'un coin s'assombrit, vous êtes descendu trop bas. Faites tourner le diviseur entier plutôt que de forcer sur la profondeur.
-
Rendez la caméra de guidage parfocale, puis mesurez les offsets
Porte-oculaire hélicoïdal, étoiles les plus fines possibles, blocage. Enchaînez sur la mesure filtre par filtre, notez les positions, convertissez en pas, saisissez-les dans le logiciel de séquence. Deux heures un soir, valables toute la saison.
Sur le terrain
Ce que la roue ajoute à la nuit, et au traitement
Deux architectures, deux façons de perdre une nuit

Poussières, halos et flats : la facture cachée
Continuer
Le reste de la chaîne, du prisme à l'image finale
Guider : le principe et le matériel Pourquoi une monture bien réglée dérive quand même, comment la boucle de correction travaille, et ce que le prélèvement dans l'axe change à l'affaire.
Lire son RMS de guidage Le chiffre que le logiciel affiche n'a de sens que rapporté à votre échelle d'image. La règle de comparaison, et les erreurs de lecture qui font croire à un mauvais suivi.
Les raies Hα, OIII et SII Ce que chaque bande passante laisse entrer, comment répartir les poses entre les trois raies, et ce que la palette change à l'image finale.
Automatiser la mise au point La dérive thermique du foyer, la mesure de finesse des étoiles et la recherche du minimum : la brique logicielle qui rejoue vos offsets sans intervention. Un train filtré se commande d'un bloc
Filtres au bon diamètre, caméra dont on connaît le plan sensible, guidage capable de tenir la focale : les trois se choisissent ensemble, parce que c'est l'addition qui décide. Notre sélection pour l'astrophotographie, du premier filtre au train complet.