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Événements · Le ciel de l'année

Calendrier astronomique 2027

Une année tient parfois dans une seule date. Le lundi 2 août 2027, à midi, l'ombre de la Lune traversera la pointe de l'Andalousie, le détroit de Gibraltar et toute l'Afrique du Nord, avec plus de six minutes de nuit en plein jour près de Louxor. Le reste de l'année est plus avare qu'on ne le dit — et cette page le dit.

Maximum de l'éclipse partielle à Paris

6 min 23 s
de totalité au point du maximum, en Égypte : la deuxième plus longue éclipse totale du siècle
51 %
du Soleil masqué à Paris le 2 août : depuis la France, ce n'est qu'une partielle de milieu de journée
0
éclipse de Lune par l'ombre en 2027 : trois pénombrales, et rien d'autre — il faut remonter à 2020
13.8 secondes d'arc
le diamètre de Mars le 19 février : la plus petite opposition martienne depuis 2012

Une année qui tient dans une date

Le 2 août 2027, l'ombre de la Lune aborde la Terre au large des Açores à 8 h 23 UTC, file vers l'est en s'élargissant, effleure la pointe sud de l'Andalousie et le rocher de Gibraltar, traverse le détroit, puis déroule sa bande sur le Maroc, l'Algérie, la Tunisie, la Libye, l'Égypte, l'Arabie saoudite, le Yémen et la Somalie, avant de quitter la surface à 11 h 50 UTC. Le maximum se produit à 12 h 06 heure de Paris, par 25°30' de latitude nord et 33°13' de longitude est, en plein désert oriental égyptien : 6 min 22,6 s d'obscurité totale, sous un Soleil planté à 81,7° — presque au zénith.

Ces deux chiffres expliquent tout. La durée d'une totalité dépend de la vitesse à laquelle l'ombre balaie le sol ; elle ralentit quand le Soleil est haut, quand la Lune est proche et quand la Terre est loin du Soleil. Le 2 août 2027 réunit les trois : la Lune approche de son périgée, la Terre sort tout juste de son aphélie du 5 juillet, et le point du maximum se trouve sous le Soleil de midi. La bande atteint alors 257,7 km de large, et l'éclipse devient la deuxième plus longue du XXIe siècle sur la terre ferme.

Le reste de l'année 2027 vit dans cette ombre-là, au sens propre comme au figuré. C'est un calendrier honnête que nous proposons ici : ce qui mérite qu'on prépare une nuit, ce qui mérite qu'on prépare un voyage, et ce qu'il faut savoir renoncer à regarder.

Ce que 2027 ne donnera pas

Trois manques structurent l'année, et il vaut mieux les connaître dès janvier que les découvrir la veille.

Aucune éclipse de Lune par l'ombre. Le catalogue de la NASA n'inscrit en 2027 que trois éclipses pénombrales — le 20 février, le 18 juillet et le 17 août —, c'est-à-dire trois passages dans le cône de pénombre, où la Lune ne fait que s'assombrir légèrement. Celle du 18 juillet a une magnitude pénombrale de 0,0014 et dure douze minutes : rigoureusement invisible, y compris en photographie. Une année sans la moindre éclipse par l'ombre est rare — la précédente remonte à 2020.

La Pleine Lune sur les Géminides. Le meilleur essaim de l'année, celui qui donne jusqu'à 150 météores par heure en conditions idéales, culmine dans la nuit du 13 au 14 décembre. La Lune est pleine le 13 décembre à 17 h 09. Elle éclairera le ciel de bout en bout de la nuit.

La plus petite opposition de Mars depuis 2012. Le 19 février, Mars sera à 0,678 unité astronomique, soit 101 millions de kilomètres, et son disque mesurera 13,8 secondes d'arc. Pour comparaison, l'opposition de juillet 2018 l'avait montré à 24,2″ : la surface apparente était alors trois fois plus grande.

Le calendrier complet de 2027, heures converties en heure légale française (UTC+1 en hiver, UTC+2 du 28 mars au 31 octobre). La colonne de droite ne dit pas ce qui se passe dans le monde, mais ce qu'un observateur de métropole en verra réellement.
Événement Vu de France
3 janvier, 3 h 00 La Terre au périhélie, à 0,98333 UA du Soleil Rien à voir : le Soleil paraît 3 % plus large qu'en juillet, écart imperceptible
Nuit du 3 au 4 janvier Maximum des Quadrantides, ZHR de référence 120 Excellent — croissant décroissant réduit à 15 %, radiant au plus haut avant l'aube
3 janvier, 20 h 00 Vénus à sa plus grande élongation ouest, 47° du Soleil Étoile du matin, haute et facile dans le ciel de l'aube
21 janvier, 22 h 49 La Lune à son périgée le plus proche de l'année, 357 285 km Visible — la Pleine Lune suit quinze heures plus tard
22 janvier, 13 h 17 Pleine Lune la plus grosse de 2027 Visible toute la nuit suivante ; l'écart de taille reste indécelable à l'œil
3 février Mercure à sa plus grande élongation est, 18,3° Difficile : basse dans le crépuscule du soir
6 février, 17 h 00 Éclipse annulaire de Soleil, 7 min 51 s d'anneau Invisible — le maximum tombe par 31°S sur l'Atlantique sud
11 février, 1 h 21 Opposition de Jupiter, dans le Lion, magnitude −2,5 et 45,2″ Excellent — visible du crépuscule à l'aube, au plus haut vers minuit
19 février, 16 h 44 Opposition de Mars, dans le Lion, magnitude −1,2 et 13,8″ Bon — culmine à 59° vers 1 h du matin, mais le disque est minuscule
Nuit du 20 au 21 février Éclipse pénombrale de Lune, maximum à 0 h 13 Discret mais réel : la seule des trois pénombrales de l'année qui se remarque
17 mars Mercure à sa plus grande élongation ouest, 27,6° La meilleure apparition matinale de l'année pour Mercure
20 mars, 21 h 25 Équinoxe de printemps Jour et nuit d'égale durée à quelques minutes près
Nuit du 22 au 23 avril Maximum des Lyrides, ZHR 18 Perdues : Lune gibbeuse éclairée à 98 %, deux jours après la Pleine Lune
Nuit du 5 au 6 mai Maximum des êta Aquarides, ZHR 50, sous Nouvelle Lune Ciel parfaitement noir, mais radiant à −1° de déclinaison : quelques rasantes
7 mai Vénus et Saturne à 0,6° l'une de l'autre Beau rapprochement dans les lueurs de l'aube, aux jumelles
28 mai Mercure à sa plus grande élongation est, 22,9° Correct, dans le crépuscule du soir
21 juin, 16 h 11 Solstice d'été Nuit la plus courte : au nord de Paris, l'obscurité complète ne s'installe plus
5 juillet, 8 h 00 La Terre à l'aphélie, à 1,01673 UA du Soleil Rien à voir — mais c'est ce qui rallonge la totalité du 2 août
15 juillet Mercure à sa plus grande élongation ouest, 20,7° Basse dans l'aube, à réserver aux horizons est dégagés
18 juillet, 18 h 03 Éclipse pénombrale de Lune, magnitude 0,0014, durée 12 minutes Invisible — Lune sous l'horizon, et de toute façon rien à voir
19 juillet, 21 h 52 La Lune à son apogée le plus lointain de l'année, 406 217 km Visible ; 49 000 km plus loin qu'en janvier, soit 12 % de diamètre en moins
Nuit du 30 au 31 juillet Maximum des delta Aquarides du Sud, ZHR 25 Ciel noir (croissant à 8 %), radiant bas : mieux au sud de la Loire
2 août, 12 h 06 Éclipse totale de Soleil, 6 min 22,6 s au maximum Partielle seulement : 51 % du Soleil masqué à Paris, plus de 75 % en Roussillon
11 août Vénus en conjonction supérieure Invisible — Vénus passe derrière le Soleil et change de côté
Nuit du 12 au 13 août Maximum des Perséides, ZHR 100 Moyen : Lune gibbeuse à 81 %, qui ne se couche qu'au cœur de la nuit
17 août, 9 h 14 Éclipse pénombrale de Lune Invisible : la Lune est déjà couchée depuis le lever du Soleil
23 septembre, 8 h 02 Équinoxe d'automne Les nuits redeviennent plus longues que les jours
24 septembre Mercure à sa plus grande élongation est, 26,3° La meilleure apparition du soir de l'année pour Mercure
28 septembre, 16 h 10 Opposition de Neptune, dans les Poissons Aux jumelles ou au télescope seulement : culmine à 44° vers 1 h 30
18 octobre, 2 h 27 Opposition de Saturne, dans les Poissons, magnitude +0,3 Excellent — anneaux rouverts à 12,8°, culmination à 50° vers 1 h 30
Nuit du 21 au 22 octobre Maximum des Orionides, ZHR 20 Mitigé : la première moitié de nuit est noire, la Lune se lève ensuite
4 novembre Mercure à sa plus grande élongation ouest, 18,8° Difficile : très basse dans l'aube de novembre
Nuit du 16 au 17 novembre Maximum des Léonides, ZHR 15 Compromis : Lune gibbeuse à 85 %, présente presque toute la nuit
25 novembre, 2 h 41 Vénus passe à 18' de Mars, la plus serrée de l'année Manqué : le couple reste sous 5° de hauteur au crépuscule, à 26° du Soleil
30 novembre, 10 h 13 Opposition d'Uranus, dans le Taureau Bon : culmine à 65°, la plus haute des oppositions de l'année
Nuit du 13 au 14 décembre Maximum des Géminides, ZHR 150 Gâché : Pleine Lune le 13 décembre à 17 h 09, ciel éclairé toute la nuit
Nuit du 21 au 22 décembre Maximum des Ursides, ZHR 10 Correct : croissant à 34 %, essaim discret mais circumpolaire
22 décembre, 3 h 43 Solstice d'hiver Nuit la plus longue de l'année : quinze heures d'obscurité au nord du pays

Le 2 août vu de France : une partielle de plein midi

Disons-le sans détour, parce que c'est le premier malentendu à lever : la totalité ne concerne aucun point du territoire métropolitain. La limite nord de la bande passe par 36°47' de latitude, soit à hauteur du détroit de Gibraltar. Le Perthus est à 42°30'. Six cents kilomètres séparent la France de l'ombre.

Ce que la métropole verra est une éclipse partielle, dont la profondeur croît régulièrement vers le sud : 51 % du disque solaire masqué à Paris, plus de 75 % dans les Pyrénées-Orientales. Le maximum tombe vers 11 h 01 à Paris, heure légale, avec le Soleil à 43° de hauteur et un azimut de 116° — plein sud-est, largement au-dessus des toits.

C'est la différence majeure avec l'éclipse de l'été précédent, et elle est entièrement à l'avantage de 2027 : là où le 12 août 2026 obligeait à chercher un horizon ouest dégagé pour un Soleil à quelques degrés de hauteur, celle du 2 août 2027 se déroule en milieu de matinée, Soleil haut. Un balcon, une cour, un trottoir suffisent. Aucun relief ne peut la masquer.

Reste que 51 % n'assombrit rien du tout. L'œil compense les variations de luminosité sur une plage énorme ; il faut dépasser 90 % d'obscuration pour que l'ambiance change franchement. Sans lunettes, on ne remarquera littéralement rien. Avec elles, on verra un disque proprement mordu, et sous les arbres, quelques centaines de croissants projetés au sol.

Pourquoi on l'appelle « l'éclipse du siècle »

Le surnom circule beaucoup et mérite d'être pesé. Il ne tient pas à la rareté — il se produit une à deux éclipses totales par an quelque part sur la planète — mais à la conjonction de quatre paramètres.

La durée. 6 min 22,6 s à l'optimum, quand la moyenne d'une éclipse totale tourne autour de deux à trois minutes. Le maximum absolu physiquement atteignable est de 7 min 32 s ; on en est proche.

L'accessibilité. La bande traverse des terres habitées et desservies sur presque tout son parcours — l'Andalousie, le nord du Maroc, la Tunisie, la vallée du Nil — au lieu de se perdre dans les océans, ce qui est le cas le plus fréquent.

La météo. C'est l'argument le plus sous-estimé. Les statistiques satellitaires compilées sur vingt années donnent, pour début août, des taux de ciel dégagé exceptionnels : autour de 88 % de journées ensoleillées à Cadix, des couvertures nuageuses moyennes inférieures à 15 % à l'intérieur des terres andalouses, et des conditions quasi certaines de la Cyrénaïque à la mer Rouge. Le risque réel, sur le tronçon espagnol et marocain, n'est pas le nuage mais la brume de poussière saharienne, qui voile le ciel sans le boucher.

Le saros. L'éclipse est le 38e membre du saros 136, une famille de soixante et onze éclipses qui produit précisément les longues totalités du milieu de série. Sa parente directe, le 22 juillet 2009, avait donné 6 min 39 s au-dessus du Pacifique. La suivante, le 12 août 2045, traversera les États-Unis avec 6 min 06 s.

Les villes de la bande de totalité et ce qu'elles offrent. Les durées viennent des calculs d'éphémérides publiés pour chaque localité ; les hauteurs du Soleil sont issues de la table de trajet de l'ombre de la NASA. Málaga et Cadix sont sur la bordure nord de la bande : quelques kilomètres au nord, la totalité disparaît complètement.
Pays Hauteur du Soleil Ce qu'il faut savoir
Louxor Égypte 6 min 20 s environ 81° Le point le plus long accessible ; ciel d'août quasi garanti, chaleur extrême
Benghazi Libye environ 6 min 10 s environ 68° Le tronçon météorologiquement le plus sûr de tout le tracé
Sfax Tunisie environ 5 min 45 s environ 56° La nébulosité moyenne la plus basse de la partie occidentale de la bande
Tanger Maroc 4 min 50 s environ 38° Une heure de ferry depuis Tarifa ; la ville entière est dans la bande
Ceuta Espagne 4 min 48 s environ 39° Enclave espagnole, accessible par bateau depuis Algésiras
Gibraltar Royaume-Uni 4 min 27 s environ 39° Territoire minuscule et très fréquenté : la circulation sera le vrai problème
Cadix Espagne 2 min 55 s environ 38° Sur la bordure nord ; descendre vers Tarifa double presque la durée
Málaga Espagne 1 min 53 s environ 40° Tout au bord de la limite nord : quelques kilomètres de plus au sud changent tout
Séville Espagne aucune environ 38° Hors bande : partielle très profonde, mais pas de couronne
Perpignan France aucune plus haut qu'à Paris Plus de 75 % du Soleil masqué — et rien de plus
Paris France aucune 43° 51 % du Soleil masqué, maximum vers 11 h 01, azimut 116°

Descendre voir la totalité : ce que ça demande vraiment

La question se pose sérieusement, parce que la réponse est pour une fois raisonnable : depuis le sud de la France, la bordure sud de l'Andalousie représente environ 1 300 kilomètres, soit une longue journée de route ou un vol court. Ce n'est pas la Patagonie.

Trois décisions à prendre, et elles sont indépendantes.

Où se placer. Le réflexe naturel — viser Málaga ou Cadix, les villes connues — est le plus mauvais. Elles sont sur la bordure nord de la bande, là où la totalité fond à 1 min 53 s et 2 min 55 s. Descendre jusqu'à la ligne de centralité, qui passe au sud du détroit, double presque la durée. Concrètement, la côte entre Tarifa et Algésiras, ou une traversée jusqu'à Tanger et Ceuta, place l'observateur autour de 4 min 30 s à 4 min 50 s — soit deux fois et demie ce qu'offre Málaga.

Quand réserver. Le 2 août 2027 tombe un lundi, en plein cœur de la saison touristique andalouse, dans une région dont la capacité hôtelière est déjà saturée en août. Les précédents sont sans ambiguïté : sur la bande américaine de 2017, les hébergements étaient partis dix-huit mois à l'avance, à des tarifs multipliés par trois ou quatre. Nous sommes en août 2026 : il reste douze mois, et c'est déjà tard.

Avec quoi partir. Le matériel le plus utile n'est pas un télescope, c'est un moyen de se déplacer le matin même. Un voile de poussière ou un banc de nuages se contourne en une heure de route quand on a repéré trois sites de repli. Tout le reste — filtres, jumelles, appareil photo — vient après.

La sécurité, avant et après la totalité

La règle change selon l'endroit où l'on se trouve, et c'est la seule situation en astronomie où l'on peut retirer son filtre.

Depuis la France, il n'y a aucune exception : l'éclipse étant partielle du premier au dernier contact, la protection reste en place en permanence. Un croissant solaire, même réduit à un quart de disque, émet autant de lumière par unité de surface que le Soleil entier. Rien n'est jamais atténué : seule la surface diminue.

Dans la bande, la totalité — et elle seule — s'observe à l'œil nu. C'est même impératif : un filtre pendant la totalité ne montrerait rien du tout, et ferait manquer la couronne. Les quelques secondes qui précèdent et qui suivent restent en revanche dangereuses, parce que le retour du premier rayon de photosphère est brutal. La discipline est simple : le filtre se retire quand le dernier grain de Baily disparaît, et se remet dès que la bague à diamant réapparaît.

Le danger, lui, ne prévient pas. La rétine ne contient aucun récepteur de la douleur : une brûlure solaire s'installe sans la moindre sensation, et le déficit visuel n'apparaît que quatre à douze heures plus tard, sous forme de tache centrale ou de lignes qui ondulent. Il n'existe aucun traitement. Seules protègent des lunettes conformes à la norme ISO 12312-2 en bon état, ou un filtre pleine ouverture certifié monté devant l'objectif d'un instrument — jamais à l'oculaire, où il éclaterait. Notre guide observer le Soleil en sécurité détaille le protocole, et celui des filtres solaires les montages par diamètre.

Ce que l'on regarde pendant ces six minutes

Une totalité ne se résume pas à une disparition. Ce qui se dévoile quand le dernier éclat s'éteint est l'atmosphère extérieure de notre étoile, ce halo nacré que rien d'autre ne rend accessible à l'œil depuis le sol. Les instruments à occultation artificielle — les coronographes — en masquent toujours la partie basse, précisément la plus intéressante ; seule la Lune, par une coïncidence de tailles apparentes, occulte assez juste pour la libérer entièrement.

Le paradoxe qu'elle pose reste ouvert. La surface visible rayonne autour de 5 800 kelvins ; le halo qui la surmonte atteint un à deux millions. La chaleur y augmente donc en s'éloignant de la source, ce qu'aucune thermodynamique élémentaire n'autorise. L'énigme est née d'une observation faite précisément sous une ombre : le 7 août 1869, Charles Young et William Harkness relèvent indépendamment une raie verte inconnue à 530,3 nanomètres, aussitôt attribuée à un élément imaginaire, le coronium. Il aura fallu attendre Walter Grotrian puis Bengt Edlén, à la fin des années 1930, pour établir qu'il ne s'agissait d'aucun corps nouveau mais de fer dépouillé de treize de ses électrons — un degré d'ionisation qui exige à lui seul le million de degrés.

Ce n'était pas la première fois qu'une éclipse livrait un élément. Le 18 août 1868, à Guntur, dans le sud de l'Inde, Jules Janssen braque son spectroscope sur les protubérances et note une raie jaune à 587,49 nanomètres qui ne correspond à rien de répertorié ; Norman Lockyer la retrouve depuis Londres le 20 octobre suivant et baptise le corps hélium, d'après Hélios. Il ne sera isolé sur notre propre planète qu'en 1895, par William Ramsay, à partir d'un minerai d'uranium : vingt-sept années d'existence purement solaire.

Reste l'aspect, qui dépend entièrement du moment. Le cycle d'activité de onze ans dessine deux physionomies opposées : près du creux, le halo s'aplatit en longs jets équatoriaux symétriques ; près du sommet, il devient rond, hérissé de panaches dans toutes les directions. Le cycle en cours a culminé en octobre 2024 ; août 2027 tombera dans sa phase descendante, deux à trois ans après ce sommet. La forme attendue est donc encore ample et bien répartie, avec de bonnes chances de voir des protubérances roses accrochées au bord — ces arches de gaz nettement plus froid que le halo qui les baigne, et qui sont, à l'œil nu, le détail dont les gens se souviennent le plus.

Comment on sait qu'elle aura lieu, et à quelle seconde

Annoncer un tel rendez-vous suppose deux savoirs distincts : le quand, que l'Antiquité maîtrisait déjà, et le , qui n'a été acquis qu'au XVIIIe siècle.

Le quand tient dans un nombre : 6 585,32 jours, soit dix-huit ans, onze jours et huit heures. Cette période — le saros, hérité des astronomes chaldéens — vaut simultanément 223 lunaisons, 242 retours de notre satellite au même nœud de son orbite et 239 retours à son point le plus proche. Les trois coïncidences réunies garantissent qu'au terme de l'intervalle la même géométrie se reproduit, et avec elle un phénomène quasi jumeau. C'est exactement ce qu'encode la machine d'Anticythère, construite entre 150 et 100 avant notre ère : une spirale de 223 cases gravée au revers, dont certaines portent un signe annonciateur.

Le tiers de jour excédentaire complique l'affaire. Chaque retour survient environ huit heures plus tard dans la journée, ce qui reporte la scène d'un tiers de tour vers l'ouest. Il faut donc trois saros — 54 ans et 33 jours, ce que les Grecs nommaient exeligmos, la roue qui achève son tour — pour retrouver un spectacle à la même heure locale et sous des longitudes voisines. Le mécanisme d'Anticythère porte d'ailleurs, à l'intérieur de la spirale, un petit cadran consacré à cette correction de huit heures.

Le 2 août 2027 en fournit une démonstration exemplaire. Il porte le numéro 38 d'une famille de 71, la 136e, ouverte en 1360 et qui s'éteindra en 2622. Trois rangs plus tôt, le numéro 35 tombait le 30 juin 1973 — un exeligmos exactement, jour pour jour — et durait 7 min 03,5 s au sol, au-dessus du Sahara. C'est celui-là que Concorde 001 est allé chercher : en volant à Mach 2,05 dans le sens de déplacement de l'ombre, l'appareil a maintenu sept observateurs dans l'obscurité pendant 74 minutes. Cette famille produit les plus longues totalités actuellement en cours ; son record, 7 min 07,7 s le 20 juin 1955, reste inégalé pour le XXe siècle. Elle décline maintenant d'une quinzaine de secondes à chaque retour, ce qui situe 2027 sans ambiguïté : sur la pente, et encore très haut.

Le a résisté bien plus longtemps, car il exige de projeter un cône d'ombre sur un globe en rotation. Edmond Halley en publie la première tentative réellement prédictive pour le phénomène du 3 mai 1715 — 22 avril dans le calendrier alors en usage outre-Manche — sous la forme d'une feuille gravée montrant le trajet attendu à travers l'Angleterre, appuyée sur la mécanique newtonienne. Il tombe juste à quatre minutes près sur l'instant, et se trompe d'une trentaine de kilomètres sur la limite sud de la bande, faute d'une théorie lunaire assez fine. Ce qui subsiste aujourd'hui d'incertitude sur le tracé andalou ne vient plus des astres : il vient du relief du bord lunaire, dont les vallées laissent filtrer des rayons rasants, et de la rotation irrégulière de notre propre planète.

Février : deux oppositions dans la même constellation, à huit jours d'écart

C'est le seul moment de l'année où le ciel de nuit rivalise avec le 2 août. Le 11 février à 1 h 21, Jupiter est à l'opposition dans le Lion, à magnitude −2,5 et 45,2 secondes d'arc de diamètre. Le 19 février à 16 h 44, Mars l'y rejoint, à magnitude −1,2. Les deux planètes traversent la même constellation, à huit jours d'intervalle, et se retrouvent visibles ensemble toute la nuit pendant plusieurs semaines.

Le contraste entre elles est instructif. Jupiter est à 4,36 unités astronomiques, soit 652 millions de kilomètres, et montre pourtant un disque de 45″. Mars est à 101 millions de kilomètres, sept fois plus près, et n'en montre que 13,8. La différence tient à leurs tailles réelles : Jupiter fait vingt fois le diamètre de Mars.

Cette opposition martienne est dite aphélique : elle se produit quand Mars est proche de son point orbital le plus éloigné du Soleil. L'orbite martienne étant nettement excentrique, l'écart entre une opposition aphélique et une opposition périhélique est considérable — de 13,8″ en 2027 à 24,2″ en juillet 2018. À 13,8″, un télescope de 150 mm à fort grossissement montrera la calotte polaire et les grandes taches sombres, à condition d'attendre les instants de calme atmosphérique. C'est peu, mais Mars culmine à 59° au-dessus de l'horizon sud vers 1 h du matin, ce qui est la meilleure hauteur qu'une opposition martienne puisse offrir depuis la France.

Disque orangé de Mars sur fond noir, portant des taches sombres diffuses en forme de V et un petit capuchon blanchâtre sur son bord supérieur droit
Mars au télescope pendant l'opposition de 2020, avec ses taches d'albédo et un capuchon polaire brillant. En 2027, le disque sera un tiers plus petit que sur cette image. Astrobond (CC BY-SA 4.0, Wikimedia Commons)

Jupiter, la valeur sûre de l'hiver

Jupiter reste la cible la plus rentable pour un premier instrument, et l'hiver 2027 la place idéalement. Elle est rétrograde du 13 décembre 2026 au 13 avril 2027, ce qui signifie qu'elle reste observable dans de bonnes conditions pendant tout ce trimestre, et non pas seulement le soir de l'opposition. Depuis Lyon, elle se lève à 18 h 37 le 11 février et se couche à 7 h 11 : elle occupe la nuit entière.

Une paire de jumelles 10×50 tenue fermement suffit à détacher les quatre satellites galiléens, dont la configuration change d'une heure à l'autre. Une lunette de 60 mm montre les deux bandes équatoriales sombres ; à partir de 100 à 150 mm, la Grande Tache rouge devient accessible, à condition de tomber sur l'une des périodes où elle est tournée vers nous — Jupiter effectuant un tour sur elle-même en 9 h 55, sa face change complètement en cinq heures. Le détail des cibles jupitériennes est dans notre page consacrée à Jupiter et ses satellites.

Le reste de l'hiver : Vénus au matin, les Quadrantides en ouverture

L'année s'ouvre sur deux bonnes nouvelles rapprochées. Le 3 janvier à 20 h, Vénus atteint sa plus grande élongation ouest, à 47° du Soleil : c'est l'écart maximal possible, et elle domine le ciel de l'aube pendant plusieurs semaines. Au télescope, elle montre alors un disque à moitié éclairé, un dichotome parfait.

La même nuit, celle du 3 au 4 janvier, les Quadrantides passent à leur maximum. Cet essaim a la réputation d'être capricieux : son pic ne dure que six heures, contre plusieurs jours pour les Perséides, si bien qu'on le manque une année sur deux par simple décalage horaire. En 2027, la configuration lunaire est favorable — un croissant décroissant réduit à 15 %, qui ne se lève qu'en toute fin de nuit —, et le radiant, situé dans le Bouvier, est au plus haut juste avant l'aube. Sous un ciel noir, le taux horaire de référence est de 120 météores.

Une remarque de saison : ces nuits-là sont les plus froides de l'année et une observation de météores se fait allongé, immobile. Notre guide observer les étoiles filantes détaille l'installation qui rend l'exercice tenable au-delà d'une demi-heure.

Les Perséides de 2027 : correctes, pas mémorables

Le maximum tombe dans la nuit du 12 au 13 août, dix jours après l'éclipse. La Lune sera gibbeuse croissante, éclairée à 81 % — elle a passé son premier quartier le 9 août et sera pleine le 17. Elle occupe donc la première moitié de la nuit et ne se couche qu'après minuit, ce qui laisse la fin de nuit exploitable : c'est précisément le moment où le radiant, dans Persée, est le plus haut.

Le taux horaire de référence des Perséides est de 100 météores, mais cette valeur — le ZHR — suppose un radiant au zénith et un ciel de magnitude limite 6,5. Sous un ciel périurbain avec une Lune gibbeuse, on divise couramment par cinq. Compter quinze à vingt météores par heure en fin de nuit, depuis un site correct, est un objectif réaliste.

Il faut aussi corriger une attente que la photographie entretient. Les images de « pluie » d'étoiles filantes sont presque toujours des composites : plusieurs centaines de poses empilées, sur plusieurs heures. La réalité visuelle, c'est ce que montre cette image-ci — un trait, puis rien pendant deux minutes, puis un autre. C'est un spectacle de patience.

Ciel étoilé au-dessus de silhouettes de sapins, traversé en haut à droite par une traînée blanche rectiligne, avec la bande laiteuse de la Voie lactée sur la gauche
Un météore des Perséides, saisi en une pose de 30 secondes en Virginie-Occidentale. C'est l'ordre de grandeur de ce que montre une photo unique : un seul trait, pas une pluie. Bill Ingalls / NASA (domaine public, Wikimedia Commons)

Décembre : le meilleur essaim, la pire Lune

Les Géminides sont l'essaim le plus fiable de l'année. Elles ne proviennent pas d'une comète mais d'un astéroïde, (3200) Phaéthon, ce qui donne des météores plus lents et plus lumineux que la moyenne, souvent teintés de jaune. Leur maximum est large — l'activité reste soutenue sur deux nuits —, le radiant se lève tôt dans la soirée près de Castor, et le taux horaire de référence atteint 150 météores, le plus élevé de tous les essaims annuels.

En 2027, tout cela tombe à l'eau. La Pleine Lune du 13 décembre à 17 h 09 coïncide exactement avec le pic des 13-14 décembre. Une Pleine Lune de décembre est en outre la plus haute de l'année dans le ciel français : elle culmine à plus de 60° et ne quitte pas la scène. Le fond de ciel monte de plusieurs magnitudes, et seules survivent les traînées les plus brillantes — sans doute une petite dizaine par heure au lieu de plusieurs dizaines.

La stratégie qui reste : viser les nuits du 9 au 11 décembre, avant que la Lune n'atteigne sa pleine phase, en acceptant une activité inférieure au pic mais un ciel bien plus sombre. Le compromis est mathématiquement gagnant les années où le maximum est ainsi noyé.

La composition ci-contre illustre un point souvent mal compris : les météores ne partent pas réellement d'un point du ciel. Ils arrivent en faisceau parallèle, et c'est la perspective — la même qui fait converger deux rails à l'horizon — qui crée ce radiant apparent.

Dizaines de traînées lumineuses rectilignes convergeant vers un même point du ciel étoilé, au-dessus d'un dôme de télescope blanc posé sur une crête rocheuse
Le radiant rendu visible : composite de météores des Géminides accumulés sur une nuit au-dessus de l'observatoire de Kitt Peak. Toutes les traînées semblent partir du même point, effet de perspective. KPNO/NOIRLab/NSF/AURA/R. Sparks (CC BY 4.0, Wikimedia Commons)

Octobre : les anneaux de Saturne se rouvrent

Saturne est à l'opposition le 18 octobre 2027 à 2 h 27, dans les Poissons, à magnitude +0,3. Le globe mesure 20,0 secondes d'arc, le système d'anneaux 45,3. Depuis Lyon, elle se lève à 19 h 59 et culmine à 50° vers 1 h 30 — une hauteur confortable, qui évite l'essentiel de la turbulence atmosphérique.

L'intérêt de cette opposition-là est ailleurs : dans l'inclinaison des anneaux. Le plan des anneaux fait un angle d'environ 27° avec l'orbite terrestre, et Saturne mettant 29 ans et demi à faire le tour du Soleil, cet angle se referme puis se rouvre selon un cycle d'une quinzaine d'années. En mars 2025, la Terre est passée exactement dans le plan des anneaux, qui ont alors disparu de la vue. Depuis, ils se rouvrent : 7,4° à l'opposition de 2026, 12,8° en 2027, 17,8° en 2028, et jusqu'à 22° en 2029.

Concrètement, 12,8° est le seuil à partir duquel l'ellipse redevient franche dans un petit instrument, et où la division de Cassini — cette bande sombre de 4 700 km qui sépare les anneaux A et B — redevient détectable sur les anses, avec un télescope de 100 mm et une nuit stable. Les modalités d'observation détaillées sont sur notre page Saturne et ses anneaux.

Saturne sur fond noir, globe crème rayé de bandes claires, entouré d'un système d'anneaux largement ouvert où se détache une fine séparation sombre
Saturne à l'opposition de 2019, anneaux ouverts à près de 24° et division de Cassini nettement tracée. En octobre 2027, l'inclinaison ne sera que de 12,8° : l'ellipse sera deux fois plus étroite que sur cette image. Nova Dawn Astrophotography (CC BY-SA 4.0, Wikimedia Commons)

L'automne des planètes lointaines

Trois oppositions se suivent en fin d'année et forment, mises bout à bout, un programme cohérent pour qui veut cocher le système solaire complet.

Neptune, le 28 septembre à 16 h 10, dans les Poissons. À magnitude 7,8 environ, elle reste hors de portée de l'œil nu : il faut des jumelles pour la trouver et un télescope de 150 mm à fort grossissement pour transformer son point en un minuscule disque bleuté de 2,4 secondes d'arc. Elle culmine à 44° vers 1 h 30.

Saturne, le 18 octobre, dans le même secteur du ciel — les deux planètes sont voisines, ce qui simplifie beaucoup le repérage de Neptune : Saturne sert de point de départ.

Uranus, le 30 novembre à 10 h 13, dans le Taureau. C'est la meilleure des trois pour la France : elle culmine à 65° vers 0 h 30, la plus haute de toutes les oppositions de l'année. À magnitude 5,6, elle est théoriquement visible à l'œil nu sous un ciel vraiment noir, et les jumelles la montrent sans peine comme une « étoile » légèrement verdâtre. Le détail des deux géantes de glace est sur notre page Uranus et Neptune.

Vénus, Mercure et les rendez-vous serrés

Vénus passe l'essentiel de 2027 du côté du matin. Après son élongation maximale du 3 janvier, elle s'enfonce lentement dans les lueurs de l'aube, disparaît autour de juin, franchit sa conjonction supérieure le 11 août — c'est-à-dire passe derrière le Soleil — et ne réapparaît qu'en fin d'année comme étoile du soir, encore basse.

Mercure offre six élongations, dont deux méritent qu'on se lève ou qu'on sorte : celle du 17 mars, à 27,6° à l'ouest du Soleil, la meilleure du matin, et celle du 24 septembre, à 26,3° à l'est, la meilleure du soir. Les quatre autres restent basses et difficiles. Mercure n'est jamais qu'un point orangé dans le crépuscule — mais l'avoir vue au moins une fois change le rapport qu'on entretient avec le système solaire.

Deux rapprochements serrés méritent une mention, et un seul est observable. Le 7 mai, Vénus passe à 0,6° de Saturne dans le ciel de l'aube : les deux tiennent largement dans le champ d'une paire de jumelles, avec un écart d'éclat spectaculaire entre les deux. Le 25 novembre à 2 h 41, Vénus frôle Mars à 18 minutes d'arc — moins que le diamètre apparent de la Lune — mais le couple se trouve alors à 26° du Soleil, dans le Sagittaire, et ne dépasse pas 5° de hauteur au crépuscule depuis la France. La plus belle conjonction de l'année sera, pour nous, la plus difficile à saisir.

La Lune décide plus que la météo

Pour tout ce qui n'est pas planétaire, la Lune est le premier paramètre à consulter — avant même le bulletin météo, parce qu'elle, au moins, est prévisible des années à l'avance. Une Pleine Lune ajoute plusieurs magnitudes de fond de ciel : elle ne gêne pas seulement, elle efface. Sous Pleine Lune, la Voie lactée disparaît, les galaxies deviennent inatteignables, et il ne reste que les cibles brillantes — planètes, Lune elle-même, amas ouverts, étoiles doubles.

Le tableau de l'année se lit alors autrement. Les Quadrantides du 3-4 janvier (croissant à 15 %) et les delta Aquarides du 30-31 juillet (croissant à 8 %) bénéficient de nuits noires ; les Lyrides du 22-23 avril (Lune à 98 %) et les Géminides du 13-14 décembre (Pleine Lune) sont sacrifiées. Les Perséides et les Orionides occupent une position intermédiaire : une moitié de nuit utilisable.

Deux extrêmes lunaires ponctuent l'année, et ils sont cousins. Le 21 janvier à 22 h 49, la Lune atteint son périgée le plus proche de 2027, à 357 285 km ; la Pleine Lune suit quinze heures plus tard, ce qui en fait une « super Lune ». Le 19 juillet à 21 h 52, elle atteint au contraire son apogée le plus lointain, à 406 217 km. L'écart est de 48 932 km, soit 12 % de diamètre apparent — mesurable au télescope, indécelable à l'œil, quoi qu'en disent les titres de presse.

Comment se servir d'un calendrier céleste

Un calendrier annuel n'est pas une liste à cocher, c'est un outil de tri. Trois questions suffisent à décider si une date mérite qu'on sorte.

Est-ce visible d'ici ? Les titres d'événements sont mondiaux, jamais français. « Éclipse totale du 2 août 2027 » désigne un phénomène dont la métropole ne verra qu'une partielle ; « éclipse pénombrale du 18 juillet » désigne un non-événement. La colonne de droite de notre tableau ne répond qu'à cette question.

À quelle hauteur ? C'est le critère le plus négligé. Un astre à 10° de hauteur est vu à travers cinq à six fois plus d'atmosphère qu'au zénith : l'image bout, les couleurs se délitent, la magnitude chute d'un demi-point. C'est pourquoi l'opposition d'Uranus, à 65°, sera plus satisfaisante que celle de Neptune à 44°, malgré la différence d'éclat.

Où regarder ? Aucune date ne sert si l'on ne sait pas dans quelle direction pointer. Un planisphère tournant — ou une carte du ciel réglée à la date et à l'heure — répond en trois secondes, sans batterie, sans écran qui détruise l'adaptation à l'obscurité. C'est le seul accessoire dont ce calendrier suppose l'existence.

Un dernier réflexe, moins évident : notez ce que vous voyez. Un carnet, même succinct, transforme une série de sorties isolées en une progression. C'est ce qui distingue, au bout d'un an, quelqu'un qui a « vu Saturne » de quelqu'un qui sait à quelle hauteur, sous quel ciel et avec quel oculaire il la voit le mieux.

D'où viennent les dates d'un almanach céleste

Une question rarement posée : qui calcule tout cela, et avec quelle exactitude ? La réponse tient dans une institution française méconnue. La Connaissance des temps paraît sans interruption depuis 1679 — Jean Picard en avait obtenu l'autorisation de Louis XIV en mars de cette année-là —, ce qui en fait le plus ancien recueil de ce genre au monde. Elle est aujourd'hui établie par l'Institut de mécanique céleste et de calcul des éphémérides, à l'Observatoire de Paris, sous la tutelle du Bureau des longitudes, qui la publie chaque année depuis 1998. Son homologue britannique, le Nautical Almanac, n'a été créé qu'en 1767.

La méthode, elle, a complètement changé de nature. Jusqu'aux années 1980, les positions se tiraient de tables analytiques — de longues séries trigonométriques ajustées à la main sur des siècles de mesures méridiennes. Elles ont cédé la place à l'intégration numérique : on part d'un état initial et l'on fait avancer pas à pas les équations de la gravitation pour l'ensemble du système solaire, en recalant le résultat sur la télémétrie laser vers les réflecteurs déposés sur notre satellite naturel et sur les échos radar renvoyés par les corps proches. La précision courante se compte désormais en mètres pour les grandes planètes.

Une incertitude résiste pourtant, et elle est terrestre : ΔT, l'écart entre le temps qu'indique la rotation du globe et le temps uniforme des équations. Le frottement des marées ralentit cette rotation d'environ 1,8 milliseconde par siècle, de façon irrégulière et imprévisible à long terme. Pour 2027, les calculs de référence retiennent ΔT = 84,8 s. Ce chiffre est ce qui détermine quelle longitude passera sous l'ombre : une erreur de dix secondes déplacerait la bande de près de cinq kilomètres. Les trajets publiés pour des phénomènes du siècle prochain portent, pour cette seule raison, une marge de plusieurs dizaines de kilomètres.

Quelle heure, au juste ?

Toutes les valeurs horaires de cette page sont exprimées en heure légale française, celle des montres. Le détour vaut d'être fait, parce que les sources internationales publient autre chose et que la confusion coûte régulièrement une observation manquée.

Les catalogues d'éphémérides donnent leurs résultats en temps universel coordonné, référence mondiale calée sur le méridien de Greenwich. La France y ajoute une heure en hiver et deux en été. Le basculement se fera le dimanche 28 mars 2027 à 2 h du matin, où les pendules sauteront à 3 h, et retour le dimanche 31 octobre 2027, où 3 h redeviendra 2 h. Une conversion appliquée avec le mauvais décalage suffit à faire arriver une heure trop tard.

Un second raffinement se cache derrière : le temps universel coordonné n'est pas uniforme. Il suit la rotation du globe, qui ralentit, et l'on y intercale donc des secondes additionnelles pour l'empêcher de dériver par rapport au temps atomique — trente-sept ont été insérées depuis 1972. La conférence générale des poids et mesures a décidé en novembre 2022 d'abandonner ce procédé d'ici 2035, en laissant l'écart s'accumuler. Les calculs présentés ici emploient, eux, une échelle rigoureusement régulière, convertie ensuite en heure de nos montres.

Pourquoi ces rendez-vous glissent d'une année sur l'autre

Comparez deux almanachs successifs et la régularité saute aux yeux : chaque rendez-vous planétaire se décale, mais d'une quantité propre à chaque astre. Ce décalage porte un nom, la période synodique — l'intervalle qui sépare deux alignements identiques avec notre planète.

Elle vaut 398,9 jours pour Jupiter, ce qui repousse son rendez-vous d'environ un mois chaque fois : du 10 janvier 2026, il glisse au 11 février 2027, puis au 12 mars 2028. Pour Saturne, 378,1 jours, soit un décalage de quinze jours — du 4 octobre 2026 au 18 octobre 2027. Pour les deux géantes de glace, la mécanique devient presque triviale : 369,7 jours pour Uranus, 367,5 pour Neptune, parce qu'elles avancent si lentement sur leur orbite que c'est presque uniquement notre propre tour de Soleil qui compte.

La planète rouge fait exception, et c'est ce qui rend son cas intéressant. Sa période synodique moyenne est de 780 jours, mais elle oscille en réalité entre 764 et 811 jours, parce que son orbite est nettement excentrique — un coefficient de 0,0934, qui fait varier sa distance au Soleil de 207 à 249 millions de kilomètres. L'intervalle qui nous occupe, du 16 janvier 2025 au 19 février 2027, mesure exactement 764 jours : le plus court possible. C'est la même excentricité qui explique le diamètre décevant de 13,8″ — les rendez-vous rapprochés dans le temps sont ceux où le disque est le plus petit.

Le même mécanisme gouverne les boucles de rétrogradation, ces trajets en zigzag que les planètes semblent décrire parmi les étoiles quand nous les dépassons. Leur durée croît avec l'éloignement : 82 jours pour Mars, du 10 janvier au 1er avril ; 121 jours pour Jupiter, du 13 décembre 2026 au 13 avril ; 137 jours pour Saturne, du 9 août au 24 décembre. Plus l'astre est loin, moins son mouvement propre compte, et plus la boucle n'est que le reflet du nôtre.

De quoi sont faits les essaims que vous guetterez

Chaque traînée qui raye le champ visuel est un grain de poussière abandonné par un corps identifié, entrant dans la haute atmosphère à une vitesse qui décide entièrement de son allure. La distinction vaut la peine d'être connue, parce qu'elle change ce qu'on doit attendre.

Les Perséides proviennent de la comète 109P/Swift-Tuttle, dont le noyau mesure 26 kilomètres — le plus gros corps connu à recouper régulièrement notre orbite. Elle boucle son parcours en 133,3 ans ; son dernier passage au plus près du Soleil date du 11 décembre 1992, le prochain est attendu le 12 juillet 2126. Ses grains nous croisent presque de face, à 60 kilomètres par seconde : d'où des traits rapides, fins, souvent terminés par une brève rémanence verdâtre.

Les Géminides n'ont pas de comète pour ancêtre, mais un astéroïde : (3200) Phaéthon, repéré le 11 octobre 1983 sur les images du satellite infrarouge IRAS. Il mesure environ 6 kilomètres et frôle le Soleil à 0,139 unité astronomique — moins de la moitié de la distance périhélique de Mercure —, ce qui lui vaut le surnom de « comète rocheuse ». Sa révolution ne dure que 1,43 an. Ses débris, plus denses et arrivant sous un angle plus fermé, pénètrent à environ 35 kilomètres par seconde : les traînées sont plus lentes, plus longues à s'éteindre, plus souvent teintées de jaune. C'est ce qui les rend photogéniques — et ce qui rend d'autant plus regrettable la Pleine Lune de décembre.

Les Léonides descendent de 55P/Tempel-Tuttle, dont la révolution de 33,2 ans commande leur célèbre irrégularité : les tempêtes historiques suivent de peu chaque retour au périhélie. Le dernier remonte au 25 février 1998, le suivant au 21 mai 2031. L'année qui nous occupe se situe donc au creux exact du cycle : aucune surprise à espérer, et un taux de référence modeste de 15 météores. Ces grains-là sont en revanche les plus véloces de tous, autour de 71 kilomètres par seconde, parce que nous les rencontrons de plein fouet.

Grandeur et obscuration : deux chiffres qu'on confond partout

Un dernier point technique, qui explique pourquoi les pourcentages publiés pour le 2 août se contredisent d'un site à l'autre. Deux grandeurs distinctes circulent sous le même mot de « couverture », et elles ne coïncident jamais en dehors des cas extrêmes.

La grandeur mesure une longueur : la fraction du diamètre apparent du disque qui se trouve recouverte. L'obscuration mesure une surface : la fraction de la superficie masquée. Comme le recouvrement commence par le bord, là où la surface concernée est mince, l'obscuration reste toujours inférieure à la grandeur tant qu'on n'approche pas de la totalité.

L'écart est loin d'être anecdotique. Pour Paris, les calculs donnent une grandeur de 0,60 et une obscuration de 0,51 : neuf points d'écart, soit exactement la différence entre les deux valeurs qu'on lit ici et là. Le rapport se resserre à mesure qu'on monte : une grandeur de 0,90 correspond à une obscuration de 0,86, et à 1,00 les deux se rejoignent par construction.

Retenez la règle pratique : quand une source annonce un pourcentage sans préciser lequel, c'est presque toujours la grandeur, plus flatteuse. Et sur le terrain, c'est l'obscuration qui compte, puisque c'est elle qui décide de la quantité de lumière reçue — laquelle, à 51 %, ne change absolument rien à la clarté ambiante.

Pourquoi une partie de l'été ne compte pas

Un agenda annuel comporte un trou que personne n'annonce : autour du solstice, une partie du pays cesse purement et simplement d'avoir des nuits utilisables. La raison est géométrique, et elle se calcule.

On distingue trois crépuscules, selon la profondeur à laquelle le Soleil est descendu sous l'horizon. Le civil court de 0 à −6° : on lit encore dehors. Le nautique, de −6 à −12° : la ligne d'horizon marin reste discernable, les étoiles vives apparaissent. L'astronomique, de −12 à −18° : la voûte s'assombrit encore, sans être noire. Au-delà de −18°, et seulement là, le fond du ciel atteint sa valeur naturelle.

Or l'axe de rotation du globe est incliné de 23,44°. Un calcul d'une ligne montre que le Soleil ne peut plus atteindre −18° dès que la latitude dépasse 48,6° à l'époque du solstice. Cela concerne la moitié nord de la France : Paris, à 48,85°, perd toute obscurité véritable pendant une dizaine de jours autour du 21 juin ; Lille, à 50,6°, la perd de la fin mai à la mi-juillet. Marseille, à 43,3°, conserve chaque nuit une plage complètement sombre, quoique brève.

Deux conséquences pour l'agenda. D'abord, tout ce qui exige un fond de ciel parfait — galaxies faibles, nébuleuses diffuses, comètes ténues — se planifie hors de la période mai-juillet dans le nord du pays. Ensuite, même une nuit parfaitement noire garde une luminosité de fond irréductible : la luminescence nocturne, cette émission propre de la haute atmosphère vers 90 kilomètres d'altitude, où l'oxygène rayonne notamment à 557,7 nanomètres. Elle donne au ciel le plus pur sa teinte verdâtre en pose longue, et personne n'y échappe.

L'épaisseur d'atmosphère décide plus que le diamètre de l'instrument

Revenons sur le critère de hauteur, parce qu'il gouverne la moitié des choix à faire dans les mois qui viennent, et qu'il se chiffre.

La quantité d'air traversée se mesure en masses d'air : une unité au zénith, par convention. Elle vaut 1,4 à 45° de hauteur, 2,0 à 30°, 2,9 à 20°, et grimpe à 5,6 à 10°. L'extinction qui en découle retranche de 0,2 à 0,3 magnitude par masse d'air dans le visible, sous un site correct : un astre observé à 10° perd donc plus d'une magnitude — il paraît deux fois et demie moins brillant qu'au zénith, avant même toute considération de netteté.

La réfraction s'y ajoute, et elle est spectaculaire près de l'horizon : elle relève l'image de 35 minutes d'arc au ras du sol, davantage que le diamètre apparent du disque solaire. Autrement dit, quand celui-ci semble poser son bord inférieur sur la ligne d'horizon, il est en réalité déjà entièrement sous elle. C'est cette même réfraction, variable avec la couleur, qui étire les astres bas en un petit spectre bleu-rouge que les imageurs corrigent avec un correcteur de dispersion atmosphérique.

Reste la turbulence, qui décide de la finesse. On la note traditionnellement sur l'échelle de Pickering, de 1 à 10, en observant l'aspect de la figure de diffraction d'une étoile. Sous nos latitudes, un seeing de 2 à 3 secondes d'arc constitue l'ordinaire ; les nuits sous la seconde d'arc, celles qui autorisent réellement le fort grossissement, se comptent sur les doigts d'une main dans l'année, et coïncident presque toujours avec un affaiblissement du courant-jet en altitude.

Conclusion opérationnelle pour l'agenda qui précède : entre deux cibles, préférer systématiquement la plus haute. C'est pourquoi le rendez-vous de fin novembre, à 65°, se révélera plus satisfaisant que celui de fin septembre à 44°, malgré deux magnitudes d'écart en faveur du second.

Le site compte autant que la date

Une date bien choisie sous un lampadaire ne vaut rien. La qualité d'un lieu se chiffre elle aussi, et l'usage retient l'échelle de Bortle, qui répartit les sites en neuf classes selon la brillance de fond, exprimée en magnitudes par seconde d'arc carrée.

Les repères utiles tiennent en trois lignes. Un site de classe 1 — il n'en subsiste quasiment pas en Europe occidentale — atteint 21,7 à 22,0 mag/arcsec² et laisse percevoir des astres jusqu'à la magnitude 7,6 à l'œil nu. Une campagne rurale ordinaire, classe 4, tourne autour de 20,4 à 21,3, avec une magnitude limite de 6,1 à 6,5. Une périphérie urbaine, classe 7, tombe à 18,0-18,4 et à une limite visuelle de 5,0.

Entre ces deux extrêmes, le nombre d'objets accessibles ne diminue pas régulièrement : il s'effondre. Chaque magnitude perdue sur la limite visuelle divise environ par trois le nombre d'étoiles visibles, et retranche bien davantage aux objets étendus, dont le contraste avec le fond est le vrai critère. La bande laiteuse de notre galaxie devient perceptible à partir de la classe 4 ; il faut descendre en classe 3 pour qu'elle se structure en nuages et en déchirures sombres.

Rapporté aux dates qui précèdent, cela se traduit simplement. Pour les planètes — février, octobre, novembre —, la qualité du site importe peu : Jupiter et Saturne se laissent observer d'un balcon de centre-ville, seule la turbulence compte. Pour les traînées de janvier, d'août et de décembre, c'est l'inverse : le taux observé chute d'un facteur trois à cinq entre une classe 4 et une classe 7. Une heure de route change davantage le résultat que n'importe quel achat.

Ce que chaque ouverture révèle vraiment

Le pouvoir de séparation d'un instrument obéit à une formule simple, dite critère de Dawes : divisez 116 par l'ouverture exprimée en millimètres, le résultat est en secondes d'arc. Une lunette de 60 mm sépare 1,9″, une de 100 mm descend à 1,16″, un tube de 150 mm atteint 0,77″, un de 200 mm 0,58″. Ce chiffre suppose une optique parfaitement réglée, refroidie, et une turbulence complice — il donne le plafond, jamais la garantie.

Confrontons-le aux cibles de l'agenda. La division de Cassini mesure 4 700 km de large ; à la distance qui nous sépare de Saturne, cela représente environ 0,7″ : hors de portée d'une 60 mm, accessible dès 100 à 115 mm sur les anses, où l'ellipse la présente de face. Le disque d'Uranus fait 3,8″ pour une magnitude de 5,6 ; celui de Neptune, 2,4″ à magnitude 7,8, à 28,87 unités astronomiques — pour le distinguer d'une étoile, il faut au moins 200× et une nuit stable.

Quant au grossissement, la règle utile n'est pas celle qu'affichent les emballages. Le grossissement dit résolvant, celui à partir duquel l'œil perçoit tout ce que l'optique livre, vaut environ 1,5 à 2 fois l'ouverture en millimètres : soit 150 à 200× sur une 100 mm. Au-delà, l'image grandit sans rien montrer de plus, et la turbulence prend le dessus. En pratique, sur un disque planétaire, on gagne presque toujours à redescendre d'un cran et à attendre : la matière apparaît par bouffées de quelques secondes, entre deux ondulations.

  1. 12 août 2026

    Éclipse partielle très profonde sur toute la France, au coucher du Soleil — de 89,7 % en Alsace à 99,5 % au Pays basque. Totalité en Islande et dans le nord de l'Espagne.

  2. 6 février 2027

    Éclipse annulaire de Soleil, 7 min 51 s d'anneau de feu. Le maximum tombe sur l'Atlantique sud : rien de visible depuis l'Europe.

  3. 2 août 2027

    Éclipse totale de Soleil, 6 min 22,6 s au maximum en Égypte. Bande de totalité de la pointe de l'Andalousie à la Somalie ; partielle en France, 51 % à Paris.

  4. 26 janvier 2028

    Éclipse annulaire visible dans son intégralité depuis la Guyane française. En métropole, partielle seulement.

  5. 31 décembre 2028

    Éclipse totale de Lune — la première par l'ombre depuis août 2026, après le creux de 2027.

  6. 12 août 2045

    Retour du saros 136 : la parente directe de l'éclipse de 2027 traverse les États-Unis, avec 6 min 06 s de totalité.

  7. 3 septembre 2081

    La prochaine éclipse totale de Soleil visible depuis la France métropolitaine. La bande traverse le centre du pays, Paris inclus.

L'avis de Luc

L'avis de Luc

Málaga est le piège de cette éclipse : tout le monde y va parce que c'est le nom qu'on connaît, et l'on y récolte 1 min 53 s. Une heure de route plus au sud, à Tarifa, la durée double presque ; en traversant à Tanger, elle approche les cinq minutes. Sur une totalité, deux minutes de plus ne représentent pas 40 % de mieux — c'est la différence entre « c'est passé trop vite » et « j'ai eu le temps de regarder ». Deux conséquences pratiques : la réservation se fait maintenant et non au printemps 2027, et le déplacement se prépare avec une voiture, pas seulement un billet d'avion. La poussière saharienne se contourne, à condition de pouvoir rouler.

Une année qui se prépare avec une carte, pas avec une liste

Février met Jupiter et Mars dans le Lion, octobre rouvre les anneaux de Saturne à 12,8°, novembre hisse Uranus à 65° de hauteur : autant de rendez-vous qui supposent de savoir où pointer, et à quelle heure. Un planisphère tournant règle la question sans écran ni batterie ; pour les planètes de 2027, c'est la focale et le contraste qui décident, pas le diamètre brut.

Le reste du programme

Les prochains rendez-vous

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