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Empilement planétaire : la chaîne AutoStakkert puis Registax

Vous rentrez avec quatre fichiers vidéo de 8 Go et une planète qui tremble à l'écran. Entre ce brut et l'image que vous voulez publier, il y a deux logiciels gratuits, un fichier intermédiaire, et un ordre qu'on ne permute pas : AutoStakkert empile, Registax rehausse. Ce tutoriel suit la chaîne de bout en bout et s'attarde sur le maillon que personne ne maîtrise du premier coup, les ondelettes — six couches, laquelle pousser, laquelle laisser tranquille, et comment reconnaître les deux signatures du survirage. Les réglages fins d'AutoStakkert ont leur propre page, la capture sur le terrain aussi, le tri par qualité est posé dans notre guide de lucky imaging.

6
les couches d'ondelettes de Registax, de la texture du pixel au modelé d'ensemble du globe
2 ×
le facteur d'échelle entre deux couches consécutives en schéma dyadique : 1, 2, 4, 8, 16, 32 pixels
2011
l'année de la version 6.1.0.8, dernière livrée par Cor Berrevoets — le logiciel n'a pas bougé depuis
49
le diamètre apparent de Jupiter au plus près : la cible que toute la chaîne doit préserver
179.99
le ticket d'entrée d'une caméra à haute cadence capable d'alimenter cette chaîne

Le partage des rôles

Deux logiciels, deux métiers, un ordre imposé

La séparation des rôles tient à ce que chacun fait de l'information disponible, et l'histoire respective des deux programmes explique qu'ils travaillent encore en attelage.

L'un fabrique du signal, l'autre le met en relief

AutoStakkert! règne sur la partie statistique du travail : il note chaque image de la séquence, écarte celles que l'air a tordues, recale au sous-pixel ce qu'il garde, et en calcule la moyenne. Sa sortie est un fichier plus propre que n'importe laquelle de ses entrées, mais volontairement mou — l'empilement fait chuter le bruit sans rien ajouter à la finesse. Registax prend le relais sur un tout autre métier : il décompose l'image en échelles spatiales et redonne du contraste à chacune séparément. Il ne crée aucune information ; il rend visible celle que la moyenne avait enfouie. Le premier remplit la banque, le second ouvre le coffre. Inverser l'ordre revient à rehausser du bruit pour ensuite le moyenner : on obtient une image dure et sale, et aucun réglage ultérieur ne la répare. Ce partage est propre au planétaire : la chaîne qui traite M31 ou M42 empile des poses de plusieurs minutes et se règle dans d'autres logiciels, décrits dans notre tutoriel DeepSkyStacker.

Deux logiciels figés, et c'est une bonne nouvelle

Les deux briques de cette chaîne appartiennent à des époques différentes. Registax 6.1.0.8, signé Cor Berrevoets, est daté du 6 mai 2011 : quinze ans plus tard, il reste l'outil de référence pour les ondelettes, et son auteur a depuis publié waveSharp, un successeur qui n'a pas détrôné l'original. AutoStakkert!, écrit par Emil Kraaikamp, est au contraire vivant : la version 4 est sortie en novembre 2023, après plus de cinq ans de règne de la version 3. Cette asymétrie explique l'attelage : on confie l'empilement au moteur le plus récent, et le rehaussement à un logiciel dont l'interface a l'air d'un tableau de bord d'avion mais dont personne n'a égalé le confort de dosage.

Le fichier qui passe d'un logiciel à l'autre

Tout se joue sur un seul objet : le TIFF non compressé sur 16 bits qu'AutoStakkert dépose dans un sous-dossier créé à côté de la vidéo. Son nom encode la recette employée — un suffixe du type _lapl4_ap1002 signale l'estimateur laplacien de rang 4 et les 1 002 points d'alignement posés, et le dossier AS_P25 rappelle le pourcentage retenu. Gardez cette convention : dans six mois, elle vous dira pourquoi une session a mieux marché qu'une autre. Deux fichiers y cohabitent d'ailleurs, l'empilement nu et une version pré-accentuée par le logiciel ; c'est le premier qu'on emporte chez Registax, l'autre n'étant qu'un aperçu. À l'ouverture, Registax propose d'étirer automatiquement l'intensité : refusez, et cochez la case qui grave ce refus par défaut. Cet étirement écrase la dynamique dont les ondelettes ont justement besoin.
Jupiter et deux de ses satellites galiléens, bandes équatoriales et festons nettement dessinés : résultat d'une séquence de 500 images empilée sous AutoStakkert puis rehaussée aux ondelettes de Registax
Jupiter, 7 septembre 2021 — 500 images empilées sous AutoStakkert puis traitées sous RegiStax, Celestron NexStar 8SE et Barlow 2× — Dilshan Jayakody (CC BY-SA 2.0, Wikimedia Commons). Image de titre de la page : le cratère Ératosthène au Schmidt-Cassegrain de 8 pouces, traité sous RegiStax — Kleinhern, d'après une prise de vue de Joel Frohlich (CC BY-SA 4.0, Wikimedia Commons)

Pourquoi 16 bits, et pourquoi jamais de JPEG au milieu

Un empilement de plusieurs milliers d'images produit des valeurs intermédiaires très fines : la moyenne de 1 500 images fait apparaître des différences bien plus subtiles que le pas d'une échelle sur 256 niveaux. Enregistrer ce résultat sur 8 bits, c'est arrondir toute cette finesse avant même d'avoir commencé à la révéler — et les ondelettes, qui amplifient les écarts locaux, transforment alors chaque marche d'escalier en frontière visible. Le JPEG ajoute son propre poison : sa compression travaille par blocs de 8 × 8 pixels et crée exactement le type de structure périodique que la couche 3 va joyeusement rehausser. La règle est donc simple et sans exception : TIFF ou PNG, 16 bits, non compressé, à l'entrée comme à la sortie de Registax. Le passage en JPEG n'intervient qu'au tout dernier geste, pour la publication.

Premier maillon

Traverser AutoStakkert sans s'y perdre

L'objectif de cette traversée est le fichier de sortie, atteint par une suite de gestes qui reste stable d'une séance à l'autre.

Sept gestes, toujours les mêmes

L'interface se lit de gauche à droite, en deux fenêtres : la colonne des commandes d'un côté, l'aperçu de la séquence de l'autre. Ce qui suit est l'itinéraire, pas le détail des valeurs — le choix de l'estimateur de qualité, le calibre des points d'alignement et le débat sur le double empilement font l'objet du tutoriel qui approfondit ce seul logiciel. Ici, on veut atteindre le TIFF sans se tromper de bouton.
  1. Déposer la séquence sur le bouton d'ouverture

    Un SER ou un AVI se glisse directement sur la fenêtre. Une planète isolée relève du mode ponctuel, un champ lunaire du mode surface : ce choix conditionne tout le recalage qui suit.

  2. Choisir l'estimateur, puis lancer l'analyse

    Le logiciel parcourt la séquence et attribue une note à chaque image. Comptez une poignée de minutes sur une séquence de plusieurs gigaoctets ; c'est le seul temps mort de la chaîne.

  3. Lire la courbe de qualité et fixer le pourcentage

    La courbe descend puis casse. On empile jusqu'à ce coude — de l'ordre de 25 à 50 % par une nuit moyenne. Le raisonnement complet est posé dans notre guide de lucky imaging.

  4. Recadrer la zone d'empilement

    Une fenêtre serrée autour du globe accélère le calcul et évite au logiciel de s'accrocher à un satellite qui traverse le champ. Laissez une marge du diamètre de la planète tout autour.

  5. Poser la grille de points d'alignement

    Le placement automatique cible les zones contrastées. Supprimez d'un clic droit les points tombés sur le fond noir : un point sans matière suit le bruit et duplique des détails.

  6. Décider du drizzle, puis empiler

    Le rééchantillonnage à 1,5× ou 3× ne se coche que sur une image sous-échantillonnée. Sur une chaîne correctement dimensionnée, il gonfle le fichier sans rien apporter.

  7. Récupérer le TIFF dans le sous-dossier

    Ouvrez-le une fois pour vérifier qu'il n'est ni écrêté ni décalé en couleur, puis fermez le logiciel : le premier maillon est terminé et ne sera plus rejoué.

Le drizzle se coche pour une raison, pas par habitude

Le rééchantillonnage proposé par AutoStakkert ne répare qu'un seul défaut : une image dont les photosites sont trop gros pour l'optique qui les nourrit. Posons le cas d'un Maksutov de 127 mm à 1 500 mm de focale, soit f/11,8, chargé d'une caméra à photosites de 2,9 µm. L'échantillonnage vaut 206 265 × 2,9 ÷ 1 500 ≈ 0,40 ″/px, quand le pouvoir séparateur théorique du tube s'établit vers 0,9 ″ : chaque détail que l'optique sait produire couvre déjà plus de deux photosites. Ici, le drizzle n'ajoute rien — il interpole. Le même capteur derrière une lunette de 400 mm tomberait à 1,5 ″/px, et là, un facteur 1,5× récupère de l'information réellement perdue. Le rapport d'ouverture qui tient cet équilibre a son guide dédié.
Saturne et ses anneaux entourés d'un fond parfaitement noir, division de Cassini amorcée : un empilement issu de la chaîne PIPP, AutoStakkert puis RegiStax
Saturne, 14 septembre 2022 — chaîne PIPP puis AutoStakkert!3 puis RegiStax — Kevin M. Gill (CC BY 2.0, Wikimedia Commons)

Second maillon

Les six couches d'ondelettes, et laquelle pousser

Chaque curseur agit sur une taille de détail donnée, si bien que l'ordre dans lequel on les engage compte autant que les valeurs saisies.

Six calques d'échelles empilés sur la même image

Imaginez votre empilement recopié sur six feuilles transparentes superposées. La première ne porte que le grain le plus fin, la dernière que les grands aplats d'éclairement ; la somme des six restitue exactement l'image de départ. C'est ce que fait la décomposition en ondelettes, et chaque curseur de Registax multiplie le contenu d'une feuille avant de rendre la somme. En schéma dyadique, la taille caractéristique double d'une couche à l'autre : 1, 2, 4, 8, 16 puis 32 pixels. Le schéma linéaire ouvre deux réglages de plus, une taille de départ et un incrément de pas, et permet de resserrer toute la palette sur les échelles fines — c'est le mode des images très échantillonnées. Retenez la conséquence pratique : sur un globe de 300 pixels de large, les couches 5 et 6 travaillent sur un dixième du disque, elles ne fabriquent pas du détail, elles redistribuent de la lumière.

Le geste juste : partir du milieu, pas du bord

Le réflexe du débutant est d'attaquer par la couche 1, la plus fine, celle qui promet le plus. C'est précisément celle qui contient le bruit de lecture et le grain résiduel de l'empilement — la pousser revient à faire mousser du sable. La bonne entrée en matière se situe sur les couches 3 et 4, dont les échelles de 4 et 8 pixels correspondent, sur un échantillonnage correct, aux structures réelles : les festons d'une bande équatoriale, le rempart d'un cratère de taille moyenne, la division qui sépare deux anneaux. Montez la couche 3 jusqu'à voir les contours se dessiner, ajoutez la couche 4 pour redonner du volume, et ne touchez à la couche 2 qu'ensuite, par petits pas, en surveillant le fond de ciel autour du globe. La couche 1 reste au repos neuf fois sur dix.

Le denoise monte avec le sharpen, jamais après

Chaque couche dispose de deux champs : l'accentuation et l'atténuation de bruit. Ils forment un couple, et le second se règle dans le même mouvement que le premier. Ordre de grandeur relevé dans les tutoriels de référence : une accentuation modeste de 0,10 s'accommode d'une atténuation de 0,05 ; une accentuation franche à 0,250 demande déjà 0,30 en face ; et l'option de couches liées, qui propage un réglage à toute la pile, réclame couramment 0,30 à 0,40. Le curseur de chaque couche joue ensuite le rôle de dosette globale — le ramener à mi-course divise par deux l'effet du couple. Cette symétrie est la meilleure protection contre le survirage : dès que vous cherchez à monter une accentuation sans toucher son atténuation, vous êtes en train de fabriquer un artefact.
Les six couches d'ondelettes de Registax en schéma dyadique — échelle, contenu réel et dosage
Couche Échelle caractéristique Ce qu'elle porte réellement Dosage
1 1 pixel Bruit de lecture, grain résiduel de l'empilement, artefacts de compression Au repos, sauf empilement exceptionnellement propre
2 2 pixels Les plus fins détails réels d'une image correctement échantillonnée Par petits pas, atténuation de bruit systématique
3 4 pixels Festons des bandes joviennes, remparts des cratères moyens, division des anneaux Le moteur du piqué : c'est par là qu'on commence
4 8 pixels Structure des bandes, grands cirques lunaires, ombre portée d'un satellite Le second moteur, très tolérant au dosage
5 16 pixels Modelé général du globe, alternance des zones claires et sombres Effleurer, pour du contraste local seulement
6 32 pixels Éclairement d'ensemble et fond de champ Quasi jamais : elle creuse un liseré au bord du disque

Un choix qui divise

Couches indépendantes ou couches liées

Le mode retenu décide de l'étanchéité entre les échelles, donc de la prévisibilité d'un réglage et de la facilité à le reprendre.

Deux écoles, deux façons de tenir le bruit

Le mode par défaut traite les six couches comme six régions étanches : ce que vous faites sur la couche 3 ne change rien à ce que porte la couche 4. C'est prévisible, c'est pédagogique, et c'est le mode dans lequel on apprend à reconnaître ce que chaque échelle contient. Le mode à couches liées redistribue au contraire l'image entière entre les couches à chaque modification, en tenant compte des réglages voisins. Il donne des transitions plus douces et rend service sur les champs lunaires étendus, où l'on veut un rendu homogène du terminateur au limbe ; il exige en échange des valeurs d'atténuation nettement plus hautes et devient vite difficile à reprendre. Les deux écoles produisent d'excellentes images ; ce qui tranche, c'est votre capacité à revenir en arrière.

Avantages

  • Couches indépendantes : chaque curseur a un effet isolé, donc lisible — on apprend ce que contient réellement une échelle
  • Couches indépendantes : un réglage raté se corrige sur sa seule couche, sans reprendre toute la pile
  • Couches liées : transitions plus douces entre échelles, précieuses sur un grand champ lunaire
  • Couches liées : un seul curseur suffit à remonter l'ensemble, ce qui accélère une série de plusieurs images d'une même nuit

Inconvénients

  • Couches indépendantes : les jonctions entre échelles peuvent marquer si l'on pousse deux couches voisines de façon très inégale
  • Couches indépendantes : le nombre de curseurs décourage, et l'on finit souvent par n'en toucher qu'un
  • Couches liées : l'atténuation de bruit doit monter à 0,30 ou 0,40, ce qui gomme aussi du vrai détail
  • Couches liées : chaque modification recalcule toute la décomposition, si bien qu'on perd le fil de ce qui a produit quoi

Quatre filtres de redimensionnement, un seul par défaut

Si vous agrandissez l'image dans Registax, le logiciel propose quatre noyaux et ils ne se valent pas. Lanczos conserve le plus de piqué et amplifie le moins le bruit : c'est le choix par défaut pour une image saine. Mitchell adoucit modérément, Bell davantage, et B-Spline lisse le plus fort au prix des détails fins — réservé aux empilements dont le bruit reste visible malgré tout. Ces noyaux se combinent avec l'atténuation de bruit des couches, et non l'inverse : un agrandissement lissant ne dispense pas de doser les ondelettes, il change seulement la matière sur laquelle elles travaillent. En pratique, agrandir avant les ondelettes complique le réglage ; agrandir après, pour la publication, laisse le travail intact.

Reconnaître l'excès

Verre brisé et peau d'oignon : les deux signatures du survirage

Le verre brisé : un grain qui n'existait pas

Le premier artefact apparaît sur les zones plates du globe et sur le fond de ciel : une texture granuleuse, cassante, comme un vitrage fêlé vu de près. Il naît d'une accentuation poussée sur les couches 1 ou 2 alors que l'empilement conserve du bruit — le curseur amplifie fidèlement le hasard, et le hasard, agrandi, ressemble à du détail. Le test qui ne trompe pas : regardez le fond noir à côté de la planète. S'il grouille, la matière que vous croyez avoir gagnée sur le globe est de la même farine. La correction est immédiate : redescendre la couche fautive de moitié, remonter son atténuation, et rattraper le piqué perdu sur les couches 3 et 4.
Jupiter photographié bas sur l'horizon, bandes empâtées et bord du disque diffus : un empilement dont la matière ne supporte pas un rehaussement appuyé
Jupiter avec Io et Callisto, 13 septembre 2022, à 27° de hauteur — l'image que la turbulence a émoussée avant tout traitement — Dilshan Jayakody (CC BY-SA 2.0, Wikimedia Commons)

La peau d'oignon : des halos concentriques au bord du disque

Le second artefact se lit au limbe, cette frontière abrupte entre le globe éclairé et le noir du ciel. Une accentuation forte y produit un liseré clair doublé d'un liseré sombre, puis un second couple plus faible, et l'on voit se dessiner des anneaux concentriques comme les pelures d'un oignon. C'est la réponse mathématique attendue d'un filtre passe-haut face à une marche de contraste ; les traiteurs d'images anglophones parlent d'onion rings, et le même mécanisme produit le rebond que la déconvolution appelle ringing. Trois causes se cumulent : des couches fines poussées trop haut, une image sous-exposée dont le bord est trop raide, et un rehaussement appliqué après un agrandissement. Registax expose d'ailleurs un réglage de dé-annelage prévu pour cela, mais il rattrape rarement ce qu'un dosage plus sage aurait évité.

Ce que les ondelettes ne rattrapent jamais

Trois défauts survivent à tous les curseurs, et il vaut mieux les reconnaître avant de passer une heure sur une image condamnée. Un tube décollimaté produit un disque asymétrique dont un bord reste flou quoi qu'on fasse : la procédure de réglage a son tutoriel dédié. Un instrument sorti dix minutes plus tôt fait circuler son propre air chaud devant l'optique, et l'image bouge d'une façon que le tri statistique ne sait pas exploiter — la mise en température est un préalable, pas une option. Enfin, la planète photographiée bas sur l'horizon traverse une épaisseur d'atmosphère qui l'a déjà émoussée : le cliché ci-dessus, pris à 27° de hauteur, montre exactement cette limite. Aucune de ces trois pertes n'est une affaire de logiciel, et pousser les couches pour les compenser ne produit que du faux détail.

En amont du logiciel

Ce que la chaîne exige du matériel

La matière que ces deux programmes trient est produite en amont, et la chaîne elle-même indique où placer l'euro suivant.

Une caméra qui débite, un tube qui allonge

Les deux logiciels sont gratuits, mais ils ne travaillent que sur ce que le train optique leur a donné. Trois pièces décident de la qualité du TIFF final. La caméra d'abord : il lui faut une cadence élevée et de petits photosites pour remplir le vivier d'images dans lequel le tri va puiser — la Svbony SV305C, à 179,99 €, tient ce rôle d'entrée avec ses photosites de 2,9 µm, tandis que la SV205 au format oculaire (102,99 €) reste une porte d'entrée lunaire qui se glisse dans un porte-oculaire de 31,75 mm. Le multiplicateur de focale ensuite, qui amène le rapport d'ouverture natif vers la zone où le globe s'étale : la Svbony SV216 3× à 60,99 € est taillée pour la caméra, la Celestron X-Cel LX 2× (111,95 €) double sans ternir le piqué. Le tube enfin : un Maksutov Sky-Watcher Skymax 127 (600,77 €) offre déjà 1 500 mm de focale et f/11,8 sans rien ajouter, et le Skymax 150 (705,08 €) porte le diamètre à 150 mm pour 1 800 mm — le pouvoir séparateur qui donne à la couche 3 quelque chose à rehausser. Prix relevés début août 2026.

Le repère qui hiérarchise les dépenses

À budget contraint, l'ordre des priorités se déduit de la chaîne elle-même. Le diamètre commande le pouvoir séparateur, donc le plafond absolu de l'image : aucun curseur ne le franchit. La cadence de la caméra commande la taille du vivier, donc la sévérité du tri : passer de quelques centaines à plusieurs milliers d'images change la nature du résultat. Le multiplicateur de focale, lui, ne coûte que quelques dizaines d'euros et se remplace facilement — c'est le dernier maillon sur lequel il faut arbitrer. Une règle de terrain résume l'affaire : mieux vaut un tube de 150 mm avec une Barlow à 29,99 € qu'un 102 mm équipé de l'optique la plus fine du catalogue.
L'avis de Luc

L'avis de Luc

Regarder le fond noir à côté du globe avant de regarder le globe : ce simple garde-fou fait descendre d'un tiers toutes les valeurs d'accentuation. Sans lui, six curseurs montés jusqu'en haut donnent, sur un écran de portable à une heure du matin, des bandes découpées au scalpel et des festons partout — et, le lendemain sur un vrai écran, une planète bordée de trois anneaux blancs sur un fond en papier de verre. La bonne méthode s'interdit les deux premières couches et monte la troisième par pas minuscules, jusqu'au premier feston réel : vingt minutes de dosage contre trois, et une image publiable.

Continuer

Autour de la chaîne planétaire

Jupiter et deux satellites galiléens après empilement Le principe du tri par qualité Pourquoi on filme des milliers d'images pour n'en garder que quelques centaines, où se situe le coude de la courbe, et ce que la turbulence laisse passer entre deux bouffées. Saturne et ses anneaux après empilement et ondelettes Le rapport d'ouverture qui nourrit la chaîne Le calcul du f/D cible à partir de la taille des photosites, l'amplification réelle d'une Barlow selon l'espacement, et l'exemple chiffré qui relie les deux. Collimateur laser cylindrique noir au coulant 31,75 mm, fenêtre de lecture inclinée, molette de serrage et étiquette de danger laser Collimer avant de filmer Un tube décollimaté produit une image que ni le tri ni les ondelettes ne redressent. La procédure au laser, ses limites, et la vérification sur une étoile défocalisée. Terrain lunaire détaillé autour du cratère Ératosthène Mettre l'instrument en température Le temps d'acclimatation selon le type de tube, ce que l'air chaud interne fait au disque planétaire, et les gestes qui raccourcissent l'attente sur le terrain. Jupiter après traitement complet de la chaîne planétaire L'autre chaîne : le ciel profond Poses longues, prétraitement par bibliothèques de calibration, empilement sous DeepSkyStacker : sur une galaxie ou une nébuleuse, rien de ce tutoriel ne s'applique. Saturne, division de Cassini amorcée Diagnostiquer une image molle Avant d'accuser le traitement : mise au point, tilt, turbulence, suivi. La grille de lecture qui identifie la cause réelle d'un cliché qui manque de piqué.

La chaîne vaut ce que vaut son premier maillon

Les deux logiciels sont gratuits ; la finesse, elle, se joue sur le diamètre, la cadence de la caméra et la focale résultante. Notre sélection de matériel planétaire, du Maksutov compact au multiplicateur de focale.

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