Apprendre
Régler le gain et l'offset
Deux curseurs, deux nombres entiers, et la totalité de votre dynamique qui se joue dessus. Le premier décide de la quantité d'électrons que vaut un pas du convertisseur ; le second décide si le bruit garde ses deux côtés ou s'il se fait raboter contre le zéro. Ce tutoriel donne la procédure exacte : lire la courbe publiée pour votre référence de matrice, poser le gain sur la marche plutôt qu'en dessous, étalonner l'offset sur une pose obturateur fermé jusqu'à ce que le pic décolle du bord, vérifier le résultat sur le fond du ciel, puis recommencer à chaque fois que le gain bouge. Vous en ressortez avec un couple de valeurs figé, écrit sur une fiche, valable jusqu'au prochain changement de caméra.
- 3.16 ×
- le facteur d'amplification réel derrière un gain affiché 100 : le nombre est en dixièmes de décibel, pas en multiplicateur
- 28.3 mm
- la diagonale d'une matrice APS-C de 26 mégapixels, la classe sur laquelle la bascule de conversion tombe au gain 100
- 1
- l'électron par pas du convertisseur qui définit le repère unitaire, propre à chaque référence de capteur
- 0
- le niveau que le pic d'une pose obturateur fermé ne doit jamais toucher, sous peine de troncature définitive
- 286.27 €
- le ticket d'entrée d'une matrice refroidie 16 bits dont le constructeur publie la courbe complète
La grandeur réglée
Ce que le curseur de gain déplace vraiment
Avant de choisir une valeur, il faut savoir ce que le nombre affiché par le logiciel de capture désigne — et pourquoi 100 ne veut pas dire cent fois plus de signal.
L'amplification agit sur la charge, elle ne prolonge pas l'exposition
D'où vient le décibel dans une caméra d'astronomie
Le repère unitaire se lit par référence, il ne se recopie pas
Le seuil
La marche se franchit, elle ne se frôle pas
Les matrices modernes changent de chaîne de lecture à une valeur précise du curseur ; c'est cette discontinuité, et non une progression douce, qui commande le choix du réglage.
Poser le curseur sur la marche, jamais juste dessous
Le choix
Une valeur par usage, décidée avant la sortie
La cible commande le réglage : un disque planétaire filmé à haute cadence et une nébuleuse en bande étroite n'appellent pas la même position du curseur, pour des raisons opposées.
Bas gain sur le lumineux, haut gain sur les poses brèves
Au-delà du repère unitaire, le compte n'y est plus
| Cible et régime | Position du curseur | Durée de pose typique | Ce que le réglage prend |
|---|---|---|---|
| Lune, Jupiter, Saturne, Mars en vidéo rapide | minimum, ou premiers crans | 5 à 20 ms | rien : le signal est abondant, la dynamique est reine |
| Étoiles doubles serrées et surfaces brillantes | minimum | 10 à 50 ms | un bruit de lecture élevé, sans conséquence ici |
| Ciel profond large bande, ciel de banlieue | minimum ou seuil, selon la brillance de la cible | 60 à 180 s | au seuil, les cœurs des étoiles de magnitude 4 saturent |
| Bande étroite Hα, OIII, SII | sur le seuil de bascule | 180 à 600 s | la capacité de charge tombe à quelques milliers d'électrons |
| Visuel assisté, empilement en direct | seuil, voire un cran au-dessus | 10 à 30 s | une dynamique réduite, compensée par le nombre de trames |
| Aucune ligne ne correspond au filtre. | |||
Avantages
- Gain minimum : la capacité de charge maximale, donc des cœurs d'étoiles qui gardent leur couleur et leur profil
- Gain minimum : une seule bibliothèque de calibration à maintenir si toutes vos cibles sont brillantes
- Gain sur le seuil : le bruit de lecture divisé par deux à trois, donc des poses courtes exploitables
- Gain sur le seuil : la bande étroite devient accessible sans monter à des durées que la monture ne tient pas
Inconvénients
- Gain minimum : sous filtre étroit, le signal reste enfoui dans le bruit de lecture et la séance ne donne rien
- Gain minimum : les poses s'allongent, ce qui expose davantage aux avions, aux rafales et aux nuages qui passent
- Gain sur le seuil : les étoiles brillantes du champ virent au disque blanc plat, sans profil ni teinte
- Gain sur le seuil : une seconde bibliothèque de darks et d'offsets à constituer et à ranger séparément
L'offset
Le piédestal qui empêche la troncature
Le second curseur ajoute une constante avant la conversion ; toute la procédure consiste à la régler assez haut pour qu'aucun côté du bruit ne touche le zéro, et pas plus haut que ça.
Pourquoi le zéro coûte plus cher qu'il n'en a l'air
-
Bouchez le capteur et posez le gain de travail
Bouchon vissé sur le porte-oculaire, capot sur l'objectif, caméra dans son état de séance — refroidissement en régime, obturateur fermé. Calez d'abord l'amplification sur la position que vous allez utiliser : le piédestal se détermine POUR elle, jamais avant elle.
-
Prenez la pose la plus courte que le logiciel autorise
Une milliseconde suffit. Cette pose ne contient que le piédestal et le bruit de lecture : c'est exactement l'objet à mesurer. Répétez-la trois fois pour vous assurer que le résultat ne bouge pas.
-
Lisez la statistique, ne vous fiez pas à la silhouette
Affichez la médiane et l'écart-type en niveaux de sortie plutôt que la forme de la courbe, qu'un affichage automatique déforme. Le nombre à surveiller est la valeur minimale de l'image : elle doit rester franchement au-dessus de zéro.
-
Montez l'offset jusqu'à ce que le pic soit juste décollé de 0
Augmentez par paliers, en reprenant une pose à chaque cran, jusqu'à ce que le pic de l'histogramme se détache entièrement du bord gauche. Le bon réglage est le premier qui satisfait cette condition — le suivant ne fait que prélever de la plage utile.
-
Notez le couple, gain et offset, sur la fiche de la caméra
Un couple par position retenue, daté, rangé avec les bibliothèques de calibration correspondantes. C'est ce document qui vous évitera de tout recommencer dans six mois.
La vérification
Le contrôle qui se fait dehors, sur le fond du ciel
Le réglage établi au banc se confirme sous les étoiles : c'est la pose réelle, avec son fond de ciel et son signal thermique, qui dit si la marge tient.
Le fond du ciel ne doit jamais approcher le zéro
Reprendre le piédestal dès que l'amplification bouge

Le cas à part
La caméra de guidage suit une autre règle
Le second détecteur du train n'obéit pas aux mêmes critères : il ne fabrique aucune image finale, et son réglage se juge sur la netteté du centroïde, pas sur la dynamique.
Une étoile franche vaut mieux qu'un repère unitaire
Le matériel qui donne accès à ces réglages
Continuer
Ce qui vient avant et après ces deux curseurs
La caméra refroidie, ligne à ligne Anatomie complète du détecteur : ce que le module thermoélectrique fait tomber, ce que la fiche technique promet ligne à ligne, et ce que chaque promesse vaut une fois sur le terrain.
Le rapport signal sur bruit, terme à terme Pourquoi doubler le nombre de poses ne rapporte que quarante et un pour cent, et ce que chaque terme du dénominateur pèse réellement dans l'image finale.
Darks, flats et offsets : la bibliothèque Combien de poses par master, à quelle température de consigne, et pourquoi un jeu de calibration se refait intégralement dès que la molette change de position. Deux nombres, écrits une fois, tenus toute l'année
Une amplification posée sur la marche, un offset qui décolle le pic du zéro, et la calibration qui va avec : c'est ce qui sépare une série exploitable d'une nuit à refaire. Notre rayon d'astrophotographie, des matrices planétaires aux capteurs refroidis.