Apprendre
Planifier une mosaïque : la grille avant la première pose
Une mosaïque se gagne ou se perd sur une feuille de calcul, des semaines avant que le capteur ne s'ouvre. Cette page traite exclusivement l'amont : le champ qu'un panneau couvre réellement, la grille qu'il faut en tirer, la part de recouvrement à réserver, l'angle de position à tenir sur toutes les tuiles, la bascule au méridien qui retourne le cadre en plein milieu d'une série, et le temps total, qui vaut N fois une image simple. Elle s'arrête exactement là où commence sa jumelle : dès que les panneaux sont empilés et qu'il s'agit de les recoller, c'est le tutoriel « Assembler une mosaïque » qui prend la main, avec la registration en mode mosaïque, l'égalisation des fonds et la fusion des jonctions. Ici, aucune couture — seulement la géométrie et le calendrier qui rendront cette couture possible.
- 3.37 °
- le champ horizontal d'un capteur de 23,5 mm derrière une focale de 400 mm — la brique élémentaire de toute grille
- 25 %
- le recouvrement de travail entre deux panneaux : assez de marge pour absorber l'erreur de pointage, assez peu pour ne pas doubler la nuit
- 27 %
- la part du temps d'exposition qui tombe dans les bandes communes d'une grille 3×2 planifiée à 25 %
- 24 heures
- la pose totale d'une mosaïque de six panneaux à quatre heures chacun, soit cinq nuits de ciel utile
- 234
- le nombre de panneaux de la Grande Mosaïque de la Voie lactée de J-P Metsavainio, étalée sur douze ans
La brique élémentaire
Ce qu'un panneau couvre vraiment
La surface du détecteur et la focale fixent à elles seules la tuile de base, et c'est en la confrontant à l'étendue réelle de la cible que le nombre de nuits se décide.
Deux dimensions de silicium, une focale, et le compte est bon
Le cas d'école : un format APS-C derrière 400 mm
Mesurer la cible, marges comprises

La grille
Le pas, le recouvrement, et ce qu'ils coûtent
La grille se ramène à un déplacement répété, dont la part commune entre deux tuiles absorbe les erreurs de pointage et se paie en heures de pose.
Le pas d'une colonne à la suivante
Ce qu'un recouvrement de 10 % laisse comme marge
| Recouvrement | Bande commune | Ciel couvert | Temps de pose doublé | Ce que ça vaut |
|---|---|---|---|---|
| 10 % | 0,34° (20′) | 9,43° × 4,27° | 11 % | marge mangée par une erreur de pointage de 5′ |
| 20 % | 0,67° (40′) | 8,75° × 4,05° | 22 % | le plancher, sur une monture recentrée par astrométrie |
| 25 % | 0,84° (50′) | 8,42° × 3,94° | 27 % | la valeur de travail, tous cas confondus |
| 30 % | 1,01° (61′) | 8,08° × 3,82° | 32 % | pour un correcteur médiocre ou un pointage approximatif |
| Aucune ligne ne correspond au filtre. | ||||
L'orientation
Un angle décidé une fois, tenu jusqu'au dernier panneau
L'angle de position se mesure par astrométrie puis se verrouille, et l'orienter sur l'objet plutôt que sur le nord retire souvent une rangée entière de la grille.
Comment on garantit le même angle sur toutes les tuiles
Faire tourner la grille plutôt qu'ajouter des panneaux
La bascule
Anticiper le retour au méridien avant de découper la nuit
Le passage au méridien retourne le détecteur en pleine séquence, ce qui fait de son heure une frontière autour de laquelle les panneaux se répartissent.
La bascule qui coupe une série en deux
Le séquencement
Panneau par panneau, ou tout le monde un peu chaque nuit
Avantages
- Panneau par panneau : chaque tuile reçoit sa dose en un ou deux blocs, les brutes d'une même tuile partagent la même transparence et le même niveau de fond
- Panneau par panneau : très peu de déplacements, donc peu de recentrages astrométriques et un rendement horaire supérieur
- En rotation : chaque tuile grappille un bloc par nuit, si bien que toutes portent la moyenne des conditions rencontrées et se ressemblent au montage
- En rotation : un projet interrompu aux deux tiers reste exploitable, puisque aucune tuile n'est vide
Inconvénients
- Panneau par panneau : deux tuiles acquises à trois semaines d'écart peuvent différer de niveau de fond et de finesse, et la jonction se voit
- Panneau par panneau : un projet interrompu laisse un trou complet dans la grille, qu'aucun traitement ne comble
- En rotation : les déplacements se multiplient, chacun coûtant une résolution astrométrique, un recentrage et parfois une reprise de mise au point
- En rotation : la comptabilité des poses par tuile devient un travail à part entière, à tenir dans un tableau
La règle de partage qui met tout le monde d'accord
Le matériel qui rend une grille répétable
-
Calculez la tuile, puis mesurez la cible
Champ long et champ court par la formule des 57,3, surface en degrés carrés, étendue réelle de l'objet relevée dans un atlas, et une marge d'un demi-champ tout autour pour le recadrage final.
-
Choisissez l'orientation avant le nombre de tuiles
Alignez le grand côté du capteur sur le grand axe de l'objet. C'est là que se gagnent les panneaux : trois au lieu de quatre sur Andromède, pour une simple rotation de bague.
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Posez la grille et son recouvrement
Colonnes et rangées à partir de la couverture visée, recouvrement à 25 %, pas égal au champ multiplié par 0,75. Vérifiez que la couverture calculée dépasse l'étendue mesurée, marge comprise.
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Fixez l'angle de position par résolution astrométrique
Une pose de 30 secondes, un solveur, une rotation à la main, jusqu'à retomber sur l'angle du plan à 1° près. Repère tracé sur la bague, et plus personne ne démonte la caméra.
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Découpez le calendrier autour du méridien
Heure du passage calculée pour chaque nuit, colonnes est avant, colonnes ouest après, aucun panneau ouvert dans les trente dernières minutes du bloc.
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Budgétez le nombre de poses par tuile, et tenez-le
Un nombre identique de brutes retenues pour chaque panneau, alterné par blocs d'une heure, consigné dans un tableau nuit après nuit. C'est ce tableau qui dit quand le projet est fini.
Le calendrier
Le compte honnête des heures
N fois un champ simple, et rien de moins

Ce qui dérive entre deux sessions
Continuer
Ce qui précède le plan, et ce qui vient après la dernière pose
L'échantillonnage, l'autre calcul du couple capteur-tube Le champ dit ce qui entre dans la tuile, l'échantillonnage dit à quelle finesse. La formule 206 × taille de pixel ÷ focale, le critère de Nyquist et les moyens de recaler le chiffre.
La mise au point motorisée, contre la dérive du foyer Reprendre le foyer entre deux tuiles sans toucher le tube, sur un critère mesuré plutôt qu'à l'œil : la condition pour que six panneaux acquis sur cinq nuits affichent la même finesse.
La chaîne de traitement, une fois les panneaux empilés Chaque tuile suit d'abord le parcours d'une image ordinaire : calibration, alignement, empilement, puis étirement. L'ordre des opérations et ce que chacune corrige, de bout en bout. Une mosaïque tient sur la répétabilité de la monture
Retrouver une consigne à la minute d'arc près, basculer proprement au méridien, tenir le même angle pendant six semaines : le plan le plus soigné vaut ce que vaut la mécanique qui l'exécute. Notre sélection d'astrophotographie, du grand champ au train complet.