Apprendre
WinJUPOS : cumuler du temps de pose sans flou de rotation
Vous rentrez d'une soirée avec huit piles de Jupiter, chacune tirée d'une vidéo de 90 secondes, chacune un peu bruitée. Les additionner ferait gagner en douceur ce que le seeing vous a refusé — sauf que la planète a tourné entre la première et la dernière, et qu'un empilement direct ne produirait qu'une bouillie étirée. WinJUPOS ramène chaque pile à un même instant de rotation avant de les fondre, et c'est ce que cette page détaille. La capture sur le terrain revient au tutoriel « imager Jupiter, Saturne et Mars » ; l'empilement d'une vidéo et ses ondelettes au tutoriel « empilement planétaire AutoStakkert et Registax ». Ici, vos piles existent déjà : on mesure, on dérote, et on regarde à quel moment exact le bord du disque commence à mentir.
- 12 °
- ce que Jupiter tourne en 20 minutes : de quoi faire basculer derrière le limbe une formation posée à 80° de longitude
- 0.26 ″
- la dérive d'un détail équatorial jovien en 60 secondes, à comparer aux 0,46″ que sépare un miroir de 250 mm
- 150 s
- la durée unitaire encore propre sur Mars, par canal de couleur, contre 30 à 90 s sur Jupiter
- 2002
- l'année où Grischa Hahn a réuni ses programmes DOS de mesure planétaire en une seule application Windows
- 20 min
- le cumul total au-delà duquel la reconstruction du bord du disque devient un sujet de dispute entre imageurs
Le problème
Une planète qui tourne pendant qu'on l'accumule
Le gain visé en cumulant plusieurs séquences se heurte à un déplacement que l'on peut mettre en regard du pouvoir séparateur de l'instrument.
Additionner des piles, pas des images brutes
La dérive rotationnelle, chiffrée en secondes d'arc
Chaque planète impose son propre chronomètre

| Corps | Période de rotation | Rayon apparent favorable | Dérive au centre du disque | Séquence unitaire |
|---|---|---|---|---|
| Jupiter (système II) | 9 h 55 min 41 s | 24,5″ | 0,0043 ″/s | 30 à 90 s |
| Saturne (système III) | 10 h 39 min 22 s | 9,0″ | 0,0015 ″/s | 90 à 180 s |
| Mars | 24 h 37 min 22 s | 12,5″ | 0,0009 ″/s | 150 s par canal |
| Aucune ligne ne correspond au filtre. | ||||
L'étape qui conditionne tout
Mesurer chaque pile avant de la déroter
Le logiciel travaille sur une description écrite du globe — instant, lieu, cadre — dont la justesse commande tout ce qui suit.
Le fichier de mesure, colonne vertébrale de la méthode
-
Choisissez le corps avant d'ouvrir quoi que ce soit
Menu Program, entrée Celestial Body : Jupiter, Saturne ou Mars. Le modèle d'ellipsoïde, l'aplatissement et le système de longitudes en dépendent, et un corps mal choisi fausse silencieusement toutes les mesures qui suivent.
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Chargez la pile et saisissez son horodatage
Date et heure en temps universel, prises au milieu de la séquence, plus la longitude et la latitude du site d'observation. Une horloge de PC laissée à la dérive de 30 s suffit à décaler la reconstruction.
-
Posez le cadre sur le globe
Onglet Adj., commande Draw outline frame, puis la touche F11 lance l'ajustement automatique du contour. Sur Jupiter il tombe juste la plupart du temps ; sur Saturne, comptez sur un ajustement à la main.
-
Affinez au clavier plutôt qu'à la souris
Page haut et page bas règlent la taille, les touches P et N font pivoter le cadre, les flèches le déplacent d'un pixel, la barre d'espacement inverse l'orientation. Zoomez à fond sur le bord : c'est là que l'erreur se voit.
-
Réglez la compensation d'assombrissement centre-bord
Le paramètre LD vaut 1,00 par défaut. Il aplanit la baisse de luminosité du globe vers son pourtour afin que le contour se détache franchement, et il redeviendra votre levier de correction si un artefact apparaît au bord.
-
Enregistrez, puis recommencez pour chaque pile
Un fichier .ims par pile, rangé à côté de son image. Huit séquences réclament huit mesures ; c'est la partie longue de la soirée, et celle qu'on ne peut pas déléguer.
Deux chemins
Déroter des piles, ou déroter le flux lui-même
Les deux portes du menu placent la correction à des points différents de la chaîne, en amont ou en aval de l'empilement.
Deux outils, deux moments de la chaîne
Avantages
- Dérotation d'images : quelques minutes de calcul, des fichiers légers, un résultat qu'on juge tout de suite
- Dérotation d'images : elle accepte des piles issues de logiciels différents, du moment que chacune a son fichier de mesure
- Dérotation de vidéos : la correction précède le tri par qualité, donc le trieur travaille sur une matière déjà remise droite
- Dérotation de vidéos : elle autorise des séquences plus longues que le chronomètre habituel de la planète
Inconvénients
- Dérotation d'images : elle hérite de tous les défauts déjà gravés dans les piles, ondelettes comprises
- Dérotation d'images : une pile nettement plus molle que les autres tire l'ensemble vers le bas sans qu'on s'en aperçoive
- Dérotation de vidéos : il faut conserver les fichiers bruts, soit plusieurs dizaines de gigaoctets par soirée
- Dérotation de vidéos : chaque flux réécrit demande sa propre mesure de référence et son propre temps machine
La limite
À partir de quand le bord du disque se met à mentir
La projection d'une sphère resserre l'information à mesure qu'on s'écarte du méridien central, ce qui donne à la durée cumulable une borne géométrique.
La géométrie de la faute
Le cumul raisonnable, et le débat qui l'entoure
Reconnaître un artefact, et le corriger
D'où vient cet outil
Un logiciel de mesure devenu machine à cumuler
De la mesure de passages au méridien à la dérotation

Ce qu'il faut accepter avant de s'y mettre
Le matériel
Ce que la chaîne réclame en amont du logiciel
Le couple capteur-focale fixe le plafond de finesse que la chaîne entière cherchera ensuite à préserver.
L'échantillonnage décide de ce que la dérotation aura à cumuler
Continuer
Le reste de la chaîne planétaire
La capture, sur le terrain Fenêtre de lecture, cadence, gain, hauteur minimale et durée de vidéo : ce qui décide de la qualité des piles que vous viendrez ensuite déroter.
De la vidéo brute à l'image nette Le trajet complet entre le fichier de capture et l'image finie : qui trie, qui additionne, qui accentue, et dans quel ordre les deux logiciels se passent le relais.
Les réglages fins du trieur Points d'ancrage, estimateur local ou global, seuil de luminosité : les paramètres qui font la différence entre une pile molle et une pile qui supporte la dérotation.
Choisir sa focale de travail La formule 206 × p ÷ F appliquée pas à pas, les pièges du suréchantillonnage et le rapport f/D vers lequel viser selon la taille des photosites.
La Barlow qui atteint le bon f/D Facteur réel selon le tirage, qualité optique exigée à f/20 et au-delà, et les modèles qui tiennent la route derrière une caméra à petits photosites. Le cumul commence par une chaîne optique juste
Une caméra à haute cadence, la Barlow qui amène le disque au bon échantillonnage et un tube à longue focale : c'est cette base qui décide de ce que la dérotation aura à fondre. Notre rayon planétaire, du Maksutov de balcon au Schmidt-Cassegrain de 150 mm.