Observer · Ciel profond
M25, l'amas qui cache une horloge cosmique
Perché à seulement 2 000 années-lumière, devant les nuages d'étoiles du Sagittaire, M25 est un amas ouvert clair et aéré, assez brillant pour se deviner à l'œil nu sous un bon ciel. Sa vraie singularité est invisible au premier regard : parmi ses étoiles bat U Sagittarii, une céphéide dont l'éclat pulse en 6,745 jours et qui sert d'étalon pour mesurer les distances de l'Univers. Autre bizarrerie, il fait partie des rares objets de Messier sans numéro NGC : oublié des grands catalogues du XIXᵉ siècle, il n'a été inscrit qu'en 1908 sous le matricule IC 4725. Voici ce que vous en verrez vraiment, des jumelles au télescope, bas sur l'horizon sud des soirées d'été.
- 2000 al
- la distance de M25, un amas de premier plan posé devant les nuages du Sagittaire
- 601
- étoiles cataloguées comme membres de l'amas, dont deux géantes jaunes
- 40 ′
- d'envergure apparente au ciel, soit un peu plus qu'une pleine Lune
- 1908
- l'année où Dreyer inscrit enfin l'amas au catalogue, faute de numéro NGC (IC 4725)
- 1956
- l'année où J. B. Irwin repère U Sagittarii, la céphéide-étalon nichée dans M25
Ce que c'est
Un amas ouvert clairsemé, tout près et bien détaché

Le détail qui le distingue
U Sagittarii, une céphéide qui étalonne l'Univers

Comprendre
M25 en lumière visible et en infrarouge
Faites glisser le curseur : à gauche, M25 en lumière visible, ses étoiles blanches et jaunes sur le fond riche de la Voie lactée ; à droite, le même champ vu en infrarouge par le relevé 2MASS, qui fait ressortir les étoiles rougies par la poussière du Sagittaire.
La chandelle-étalon
U Sagittarii, l'horloge stellaire de l'amas
| Propriété | Valeur |
|---|---|
| Type de variable | céphéide classique (variable de type δ Cephei) |
| Période de pulsation | 6,745 jours |
| Éclat | varie de magnitude 6,28 à 7,15 |
| Type spectral | G1Ib (supergéante jaune) |
| Taille et éclat | ≈ 56 rayons solaires, ≈ 4 000 fois la luminosité du Soleil |
| Rôle | point d'ancrage de l'échelle des distances (relation période-luminosité) |
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Une curiosité de catalogue
Le Messier sans numéro NGC
| Catalogue | Référence |
|---|---|
| Découverte | De Chéseaux, 1745 |
| Messier | M25, inscrit en 1764 |
| NGC (Dreyer, 1888) | aucun — omis par Herschel |
| Index Catalogue | IC 4725, ajouté en 1908 |
| Collinder | Cr 382 |
| Melotte | Mel 204 |
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À l'oculaire
Un amas taillé pour les jumelles et les petits diamètres

| Avec quoi | Ce que vous atteignez sur M25 |
|---|---|
| Œil nu (ciel noir) | une petite bouffée laiteuse près de la Voie lactée — un bon test de la transparence de votre ciel du soir |
| Jumelles 10×50 | une flaque d'étoiles éparses, une dizaine de points résolus dont la géante jaune ; l'un des plus jolis amas aux jumelles |
| Télescope 80–100 mm | une trentaine d'étoiles blanches bien séparées, quelques couples serrés ; l'amas est net et aéré à faible grossissement |
| 150–200 mm | une soixantaine d'étoiles de teintes variées, mais l'amas déborde du champ — gardez le grand champ |
| Photo (pose) | les couleurs des géantes, le fourmillement de la Voie lactée derrière, et U Sagittarii repérable dans le champ |
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Repérer
Où pointer pour tomber sur M25
-
Trouvez la Théière du Sagittaire
Bas au sud en été, huit étoiles dessinent une théière qui verse vers l'ouest. C'est le cœur du Sagittaire, plongé dans la Voie lactée. M25 est au-dessus du couvercle.
-
Partez de Kaus Borealis, la pointe du couvercle
λ Sagittarii (Kaus Borealis, magnitude 2,8) marque le sommet du couvercle de la théière. C'est votre balise de départ vers le nord.
-
Repérez d'abord le nuage M24 aux jumelles
En balayant 6,5° au nord-nord-est, une large tache laiteuse remplit le champ : c'est le Nuage stellaire du Sagittaire (M24), impossible à manquer. M25 est tout près.
-
Glissez 3,5° à l'est vers l'amas
À 3,5° à l'est de M24, une flaque compacte d'étoiles éparses de 40′ se détache : c'est M25. À faible grossissement, ses étoiles sont déjà résolues une à une.
| Repère | Valeur |
|---|---|
| Type d'objet | amas ouvert, ≈ 601 membres, deux géantes jaunes, abritant la céphéide U Sagittarii |
| Constellation | Sagittaire — 6,5° au nord-nord-est de λ Sgr (Kaus Borealis), 3,5° à l'est de M24 |
| Magnitude | 4,6 (visible à l'œil nu sous un bon ciel) |
| Distance | ≈ 2 000 années-lumière (620 parsecs) |
| Taille apparente | ≈ 40′ (32′ dans certains catalogues), soit ≈ 13 années-lumière de diamètre réel |
| Saison | été, de juillet à août, bas sur l'horizon sud depuis la France |
| Instrument minimal | œil nu ou jumelles pour le voir ; 80 mm pour bien le résoudre en étoiles |
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Un peu d'histoire
De De Chéseaux au rôle d'étalon cosmique
- 1745
L'astronome suisse Philippe Loys de Chéseaux repère l'amas et l'inscrit dans une liste de nébuleuses présentée à l'Académie des sciences de Paris — une liste qui tombera dans l'oubli pendant deux siècles.
- 1764
Charles Messier redécouvre l'amas et le note sous le numéro 25 de son catalogue, comme « amas d'étoiles petites » situé entre les précédents objets du Sagittaire.
- 1888
M25 est absent du New General Catalogue de John Dreyer : il avait déjà manqué au General Catalogue de John Herschel, pour une raison restée inexpliquée. L'amas se retrouve sans numéro NGC.
- 1908
Dreyer répare l'omission dans le second Index Catalogue, à partir des observations de Solon Bailey : l'amas devient IC 4725, l'un des rares Messier à porter une désignation IC.
- 1932
Des mesures de vitesse radiale établissent qu'U Sagittarii appartient bien à l'amas — condition indispensable pour en faire un étalon de distance fiable.
- 1956
J. B. Irwin identifie la nature variable d'U Sagittarii : la céphéide de M25 devient l'un des points d'ancrage de la relation période-luminosité, clé de voûte des distances cosmiques.
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