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La classification spectrale OBAFGKM
Une étiquette de trois signes résume ce qu'une étoile montre d'elle-même : G2V pour le Soleil, B8Ia pour Rigel, K1,5III pour Arcturus. Derrière la lettre se cache une température de surface, et derrière cette température une chimie précise — telle raie naît, telle autre culmine, une troisième s'efface. Cette page suit la séquence classe par classe : ce qui signe chaque type dans le visible, pourquoi l'hydrogène atteint son maximum au milieu du parcours plutôt qu'au plus chaud, et ce que le chiffre romain ajoute au type. Elle pose enfin la frontière que la pratique amateur rencontre vraiment : identifier une classe demande un spectre étalonné, distinguer deux sous-types voisins demande beaucoup plus.
- 7
- lettres rangent toutes les étoiles par température de surface décroissante, complétées par L, T et Y dans le domaine des naines brunes
- 225300 étoiles
- classées une par une dans le Henry Draper Catalogue, paru en neuf volumes de 1918 à 1924
- 33 ×
- l'écart de finesse entre un réseau d'initiation et le pas spectral d'un atlas de référence : la frontière passe exactement là
- 5
- chiffres romains, de la supergéante I à la naine V, séparent deux étoiles que la même lettre réunit
- 187 €
- le tarif d'un réseau à objectif chez un revendeur spécialisé européen : ce matériel reste absent des places de marché généralistes
La grille de lecture
Trois champs dans une étiquette
Chaque champ de l'étiquette porte une grandeur physique distincte, et la figure de la séquence montre les croisements de raies sur lesquels le classement se joue.
Une lettre, un chiffre, un chiffre romain
Ce que cette page laisse à ses sœurs
Six courbes, et toute la séquence tient dedans
Du chaud au froid
Ce qui signe chaque classe
La couleur donne le domaine, les raies donnent le cran

O et B : l'hélium mène, l'hydrogène reste discret
A : l'hydrogène occupe tout le champ
F et G : le calcium ionisé prend la main
K et M : les molécules entrent en scène
| Classe | Température de surface | Ce qui la signe dans le visible | Exemple et son type MK |
|---|---|---|---|
| O | > 30 000 K | Hélium ionisé ; silicium, azote et carbone très ionisés ; hydrogène modeste | Alnitak, O9,5 Iab, mag 2,0 |
| B | 10 000 – 30 000 K | Hélium neutre au sommet vers B2 ; hydrogène en pleine montée | Rigel, B8 Ia, mag 0,13 |
| A | 7 500 – 10 000 K | Série de Balmer à son maximum ; fer, magnésium et silicium ionisés dès A5 | Véga, A0 Va, mag 0,03 |
| F | 6 000 – 7 500 K | Hydrogène en retrait ; calcium ionisé saturé en fin de classe ; bande G dès F2 | Procyon, F5 IV-V, mag 0,34 |
| G | 5 200 – 6 000 K | H et K du calcium ionisé dominants ; spectre métallique dense ; cyanogène | le Soleil, G2 V |
| K | 3 700 – 5 200 K | Métaux neutres partout ; rapport chrome sur fer basculé dès K5 ; hydrogène résiduel | Aldébaran, K5 III, mag 0,86 |
| M | 2 400 – 3 700 K | Bandes d'oxyde de titane dès M0, écrasantes à M4,5 ; hydroxyde de calcium vers M3 | Bételgeuse, M1-2 Ia-ab, mag 0,50 |
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Pourquoi Balmer culmine au milieu de la séquence
Deux courbes, un produit maximal à mi-parcours
Le second axe
Le chiffre romain, ou comment séparer une géante d'une naine
La gravité de surface laisse dans le spectre une trace différente selon la température : l'élargissement des ailes chez les étoiles chaudes, un rapport entre raies voisines chez les froides.
Deux étoiles B8 que tout sépare
Chez les étoiles chaudes, l'aile de la raie mesure la pression
Chez les étoiles froides, ce sont des rapports de raies
| Classe | Ce qu'elle désigne | Exemple et magnitude |
|---|---|---|
| Ia+ (ou 0) | Hypergéante, la borne supérieure de la luminosité stellaire | Cygnus OB2 #12, étoile de champ très rougie |
| Ia | Supergéante lumineuse : raies d'hydrogène étroites, métalliques renforcées | Rigel, B8 Ia, mag 0,13 |
| Iab / Ib | Supergéante intermédiaire, puis moins lumineuse | Alnitak, O9,5 Iab, mag 2,0 |
| II | Géante brillante, entre la supergéante et la géante ordinaire | Albireo A, K2 II, mag 3,21 |
| III | Géante : le stade qu'atteint une étoile de masse solaire après sa séquence principale | Arcturus, K1,5 III, magnitude -0,05 |
| IV | Sous-géante, en transition vers l'état de géante | Procyon, F5 IV-V, mag 0,34 |
| V | Naine, c'est-à-dire étoile de la séquence principale | Véga, A0 Va, mag 0,03 |
| VI et VII | Sous-naine, puis naine blanche — deux familles à part | van Maanen 2, naine blanche |
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L'héritage
Pourquoi les lettres ne suivent pas l'alphabet
Ma, Mb, Md : la sténographie d'avant les décimales

Fleming classe par la force de l'hydrogène, de A à Q
Cannon supprime, fusionne et réordonne
- années 1860
Angelo Secchi range les spectres visuels en cinq classes : les spectres à hydrogène dominant, ceux à raies métalliques, ceux à bandes complexes, ceux à bandes de carbone, et enfin les spectres à raies d'émission ajoutés en 1877. Le principe d'une classification par l'aspect du spectre est posé.
- 1890
Première édition du catalogue Draper, financé par Mary Anna Palmer Draper à la mémoire de son mari. Williamina Fleming y classe les spectres de A à Q selon l'intensité des raies d'hydrogène, et signe à elle seule plus de dix mille étoiles.
- 1897
Antonia Maury publie « Spectra of Bright Stars » : 4 800 clichés, 681 étoiles boréales analysées, un système de vingt-deux types romains et un réordonnancement qui place les étoiles du type d'Orion en tête.
- 1912
Annie Jump Cannon fixe la notation décimale — B0, B5, A0, F2 — en remplacement des notations hybrides. La séquence O B A F G K M prend sa forme définitive, sans qu'on sache encore ce qu'elle mesure.
- 1918 à 1924
Parution du Henry Draper Catalogue en neuf volumes, 225 300 étoiles classées à la main. Deux extensions suivront jusqu'en 1949, portant l'ensemble à plus de 350 000 objets.
- 1925
Cecilia Payne applique l'équation d'ionisation de Saha aux spectres stellaires dans sa thèse de Radcliffe et démontre que la séquence des lettres est une séquence de températures. Otto Struve la qualifiera quarante ans plus tard de plus brillante thèse jamais écrite en astronomie.
- 1943
William Morgan, Philip Keenan et Edith Kellman publient à l'observatoire Yerkes un atlas qui ajoute au type la classe de luminosité, de I à V. Révisé en 1953, ce système MK reste la référence en 2026.
Un travail d'atelier, pas de génie solitaire

La frontière
Ce qu'une classification exige vraiment
Deux étalonnages et une résolution fixent la limite entre ce qu'un montage d'initiation identifie et ce qu'il laisse aux instruments à fente.
Sans étalonnage en longueur d'onde, aucune raie n'a de nom
La réponse instrumentale fausse les intensités relatives
Un sous-type demande une résolution que l'initiation n'atteint pas
Avantages
- Un réseau à objectif d'initiation sépare franchement les grandes familles : une A à peigne de Balmer, une G au continu encombré, une M striée de bandes moléculaires
- Il montre l'émission Hα d'une étoile Be et signale un changement d'état de son disque, ce qui suffit à déclencher un suivi
- Il révèle la branche des étoiles carbonées, dont le spectre découpé se reconnaît d'un coup d'œil
- Il permet d'apprendre l'étalonnage en longueur d'onde sur des raies telluriques, geste transposable tel quel à un spectrographe à fente
Inconvénients
- Il fond les raies proches en une structure unique : les rapports fins qui font le sous-type restent hors de portée
- Le domaine bleu-violet des critères MK est le plus mal servi par la chaîne optique, alors que c'est là que tout se décide
- Sans correction de la réponse instrumentale, les intensités relatives sont fausses et la comparaison entre raies éloignées perd son sens
- Une classification MK se prononce par comparaison à des étoiles étalons observées dans la même configuration, ce qu'un montage improvisé ne fournit pas
Le matériel : ce qui se trouve, et ce qui se trouve ailleurs
Continuer
La suite du parcours spectroscopique
Le matériel qui produit le spectre Le réseau à objectif, ce qu'il montre et ce qu'il ne peut pas montrer, puis la marche vers un spectrographe à fente — et la frontière entre une image colorée et une donnée exploitable.
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Les étoiles Be et leur disque Des étoiles B dont l'hydrogène passe en émission : le disque qui les entoure change d'état sur des mois, ce qui en fait la cible amateur la plus utile de la spectroscopie.
Le cycle de vie des étoiles Pourquoi une étoile change de classe de luminosité en vieillissant, et ce que le passage de la naine à la géante puis à la supergéante fait à son spectre. Un spectre commence par un capteur
Le réseau donne la dispersion, mais c'est le détecteur qui décide de ce que vous verrez dans le violet, là où se lisent les critères de classification. Notre sélection d'astrophotographie, du capteur d'initiation à la caméra refroidie.